Budget de 8 millions de francs adopté à l’unanimité

Suisse: Assemblée plénière de la RKZ à Flüeli-Ranft (OW), patrie de saint Nicolas de Flue

Flüeli-Ranft, 2 octobre 2007 (Apic) Au cours de son assemblée plénière d’automne à Flüeli-Ranft, dans le demi-canton d’Obwald, la patrie de saint Nicolas de Flue, la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ) a adopté son budget 2008, qui s’élève à 8 millions de francs suisses.

La Conférence centrale (RKZ), basée à Zurich, est l’organe faîtier des organisations ecclésiastiques cantonales. Lors de son assemblée statutaire, les délégués de la RKZ ont adopté à l’unanimité le budget 2008. Sur les 8 millions de francs votés, 6,5 millions serviront au cofinancement des tâches accomplies par l’Eglise catholique au niveau de la Suisse et des régions linguistiques.

480’000 francs versés au titre des redevances de droits d’auteur

Un montant de 480’000 francs sera versé au titre des redevances de droits d’auteur. L’augmentation du budget par rapport à celui de l’année précédente est imputable d’une part au paiement désormais centralisé des indemnités de droits d’auteur dues pour les oeuvres musicales exécutées dans les églises et d’autre part au renforcement prévu du secrétariat de la RKZ. Le pourcentage de postes, actuellement de 200%, passera à 260%. Il sera toutefois possible d’augmenter de 150’000 francs la somme affectée au cofinancement, ce qui correspond en gros à la compensation du renchérissement.

En tant qu’organe faîtier, la Conférence centrale considère que dans le domaine du droit public ecclésiastique et du droit régissant la religion il ne faut pas se borner uniquement à encourager la recherche fondamentale et l’enseignement universitaire. Elle entend promouvoir également la tenue de conférences et de séminaires ouverts à un large public sur des sujets en lien avec la pratique, la constitution d’une documentation sur les divers régimes juridiques en vigueur et la publication d’ouvrages accessibles aux non-spécialistes.

Les débats actuels, parfois très enflammés, sur la présence de symboles religieux dans des lieux publics ou à propos du système dit «dualiste» caractéristique de l’Eglise catholique en Suisse révèlent à quel point il est nécessaire de diffuser des informations objectives sur ces sujets et de soutenir les responsables de cette mission.

Pour cette raison, la Conférence centrale a renouvelé les contrats de prestation avec l’Institut du droit des religions de l’Université de Fribourg ainsi qu’avec la chaire d’enseignement du droit canonique et du droit public ecclésiastique de l’Université de Lucerne pour la période 2008-2011. En vertu de ces accords, un subside annuel leur sera alloué pour le financement de leurs activités.

Nouveau modèle d’organisation et de financement pour migratio

Dans la perspective de la mise en oeuvre du nouveau modèle d’organisation et de financement de migratio, la commission de la Conférence des évêques suisses pour les migrants, la RKZ a élu ses représentants à la nouvelle commission de financement et de planification. Il s’agit d’Alois Theiler (ZG, président), de Nicoletta Germann-Savio (AR), de Fredy M. Isler (ZH), de Denis Thorimbert (GE) et de Robert Weller (BS).

Compte tenu des personnes choisies, une représentation équilibrée non seulement des diverses régions du pays, mais encore des organisations ecclésiastiques cantonales d’importance numérique diverse sera garantie. Ce nouvel organisme comprendra également cinq représentants désignés par la Conférence des évêques et qui seront chargés de faire valoir les préoccupations pastorales. Au cours de la première année, la commission aura pour tâche de répartir le budget de 1,6 million de francs mis à disposition par la Conférence centrale en fonction des objectifs définis.

Avec la rencontre européenne de Taizé dans la région genevoise à fin 2007 et la fête des servantes et servants de messe en septembre 2008 à Aarau (»MinistrantInnenfest» ou «Minifest»), deux grandes rencontres organisées à l’intention d’enfants, de jeunes et d’adultes auront lieu prochainement. Leurs responsables respectifs se sont adressés à la Conférence centrale pour solliciter une aide financière. Cette dernière prévoit d’allouer conjointement avec l’Action de Carême une contribution de 25’000 francs à chacune des deux rencontres. En outre, la Conférence centrale recommandera à ses membres de verser un subside de leur côté aussi. L’objectif visé est que, globalement, un montant de 50’000 francs soit mis à disposition de l’une et de l’autre manifestation. De 30’000 à 40’000 jeunes et jeunes adultes sont attendus à Taizé, tandis que la Minifest accueillera près de 10’000 participants. JB/Com

Encadré

Nicolas de Flue, pèlerin, ascète, mystique et saint, acteur politique et oecuménique

Invitée par la Fédération des communes ecclésiastiques catholiques romaines du canton d’Obwald, la Conférence centrale catholique romaine de Suisse a tenu son assemblée d’automne au Flüeli-Ranft. Compte tenu du lieu choisi, il était tout naturel de consacrer la partie thématique de la rencontre à saint Nicolas de Flue.

C’est l’historien Pirmin Meier, auteur d’une biographie très fouillée de saint Nicolas de Flue, qui a évoqué cette grande figure de l’histoire suisse.

Il a retracé sa vie de pèlerin, ascète et mystique, et son action politique et oecuménique dans le contexte de l’époque. Une des grandes préoccupations de frère Nicolas a été que l’on se montre «docile» les uns envers les autres, une façon de dire qu’il fallait s’écouter mutuellement. En ce qui concerne l’apport de saint Nicolas de Flue à l’histoire de la Confédération helvétique, l’historien a relevé que l’essentiel, pour frère Nicolas, était le silence et la prière. Il s’est retiré totalement de la politique, car il y avait pour lui quelque chose de plus important que la Suisse.

La paix lui tenait très à coeur: «de toute éternité la paix émane de Dieu», affirmait-il en citant la Bible. Une situation caractéristique pour le saint: lors des conflits qui déchiraient villes et campagnes, des émissaires des deux camps venaient le voir et lui exposer leurs griefs. Il priait pour les uns et les autres, mais c’était aux intéressés à faire la paix, et ils y sont parvenus. Frère Nicolas n’assistera toutefois pas à la conclusion de la paix de Stans en 1481. Les uns comme les autres avaient le sentiment que frère Nicolas était à leurs côtés. «C’est ainsi qu’il a véritablement contribué à apaiser la situation». En ce qui concerne l’importance de Nicolas de Flue sur le plan oecuménique, l’historien cite en conclusion ces paroles de Zwingli: «Je ne veux pas de nouvelle religion, absolument rien de nouveau. Je ne veux que la vérité de toujours. Je m’élève contre la corruption dans l’Eglise et au sein de l’Etat. Je ne souhaite que ce que frère Nicolas avait dit». (apic/rkz/com/be)

2 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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