Appel à la fin de l’escalade nucléaire
Rome: Benoît XVI encourage le dialogue entre les deux Corées
Rome, 11 octobre 2007 (Apic) Benoît XVI encourage le dialogue entre les deux Corées et appelle à la fin de l’escalade nucléaire. Il recevait le 11 octobre 2007 Ji-Young Francesco Kim, le nouvel ambassadeur de Corée du sud, venu lui remettre ses lettres de créance. Il a aussi mis en garde le pays contre ses recherches sur le clonage humain.
Recevant en audience Ji-Young Francesco Kim, le nouvel ambassadeur de Corée du sud, le pape a «réitéré le soutien du Saint-Siège pour chaque initiative visant à une réconciliation sincère et durable» entre les deux Corées. Le progrès véritable se construit sur des attitudes d’honnêteté et de confiance, a-t-il poursuivi, appelant à un dialogue fructueux et ouvert afin d’»alléger la douleur de ceux qui souffrent des blessures de la division et de la méfiance».
Benoît XVI a souhaité que le processus de négociation entre les deux Corées mène à une cessation des programmes nucléaires. Ajoutant qu’ils sont «conçus pour développer et produire des armes au potentiel effrayant de destruction». Le 9 octobre 2006, la Corée du nord a expérimenté sa première bombe atomique, lors d’un essai souterrain de très faible puissance. Détenant désormais l’arme atomique, le régime communiste nord-coréen espère pouvoir en jouer dans les négociations mondiales, en particulier pour obtenir des aides alimentaires et énergétiques et cherche ainsi à faire bonne figure, estiment les analystes.
200’000 à 300’000 prisonniers dans les goulags de Corée du Nord
Les dirigeants des deux Corées, le sudiste Roh Moo-hyun et le dictateur communiste du nord Kim Jong Il, ont solennellement déclaré, le 4 octobre 2007, que leurs pays n’étaient plus en état de guerre et ont demandé à la Chine et aux Etats-Unis d’engager des pourparlers afin de transformer l’armistice de 1953 en un «régime de paix permanente» dans la péninsule.
A l’issue de ce sommet, les deux chefs d’Etat ont signé une déclaration dans laquelle ils ont annoncé que les deux Corées entendaient mettre fin à la situation d’antagonisme militaire dans la péninsule et coopérer pour appeler les nations concernées à signer une déclaration mettant fin à l’état de guerre. Un traité de paix nécessite cependant la signature des Etats-Unis et de la Chine, parties prenantes au conflit coréen. Il pourrait résoudre le sort des 200 à 300’000 prisonniers, hommes, femmes et enfants, reclus dans les goulags et camps de travail en Corée du nord.
En outre, le pape est revenu sur les programmes scientifiques menés par la Corée du sud. Reconnaissant «les avances biotechnologiques» du pays pour «traiter des maladies et améliorer la qualité de la vie», le souverain pontife a cependant rappelé «l’importante responsabilité et la conscience profonde» qui pèsent en ce domaine.
Les espoirs que la société a placé dans la science biomédicale doivent constamment être confrontés à des normes morales fermes et stables, a-t-il expliqué. La première étant la dignité de la vie humaine. «En aucune circonstance, un être humain ne peut être utilisé ou traité comme un simple instrument d’expérimentation», a réitéré Benoît XVI
Le pape a ainsi souhaité que «la sensibilité morale inhérente des Coréens, démontrée par leur rejet du clonage humain, aidera la communauté internationale à s’adapter aux exigences et aux implications morales et sociales de la recherche scientifique et de son utilisation».
Des chercheurs coréens ont annoncé des clonages humains
Le clonage humain n’est pas illégal aux yeux de la législation coréenne. Des chercheurs coréens ont ainsi annoncé plusieurs fois avoir cloné des êtres humains, avant de se rétracter. La législation coréenne est cependant en train de subir d’importantes réformes pour interdire ces pratiques. Dernièrement, le ministre de la santé et des sciences du pays a accepté une proposition de loi dont le but est d’interdire le clonage humain et la vente d’ovules.
Ji-Young Francesco Kim, le nouvel ambassadeur de Corée près le Saint-Siège, est né en 1951. Il a étudié la littérature allemande avant de se spécialiser, en Australie, en droit international. Entré dans la diplomatie en 1978, il était jusqu’à présent chef des Archives diplomatiques du ministère des Affaires étrangères coréen. (apic/imedia/hy/vb)




