Menace sur la communauté chrétienne au Pakistan
Lahore: Des fondamentalistes islamiques attaquent une église et frappent des enfants
Lahore, 12 octobre 2007 (Apic) Armés de pistolets et de barres de fer, une foule de fondamentalistes musulmans a attaqué la Nouvelle église apostolique de Hadyara, à la périphérie de Lahore, au Pakistan. Les agresseurs ont sauvagement battu les fidèles qui se trouvaient dans l’église, dont un enfant, et détruit des biens de la communauté. Ils ont menacé de revenir après le Ramadan pour «une attaque finale».
Depuis les haut-parleurs des mosquées voisines, ils ont menacé de revenir «finir le travail». Ils ont également demandé aux industriels et aux paysans de la zone d’interdire aux chrétiens de pénétrer sur le terrain de leur propriété, et surtout de ne pas faire d’affaires avec eux, rapporte l’agence de presse catholique AsiaNews à Rome. La police de Lahore est intervenue seulement quand l’attaque a pris fin mais elle est restée pour surveiller l’édifice durant toute la nuit.
Dans la zone de Peshawar, des extrémistes musulmans ont attaqué plusieurs commerces vendant des disques et un salon de coiffure, considérés comme «contraires à la morale musulmane», faisant un mort et deux blessés. La petite communauté chrétienne du pays – 2 % d’une population évaluée à 150 millions de personnes – se sent de plus en plus menacée, car les islamistes pèsent chaque jour d’un poids plus important dans la société pakistanaise, révèlent des sources chrétiennes locales. Les chrétiens sont devenus, avec les musulmans modérés, des cibles faciles pour les extrémistes.
Dans la Province de la frontière du Nord-Ouest, à Charsadda, des chrétiens ont reçu des menaces du genre: «La conversion ou la mort». La police a pris la menace à la légère, en invitant chacun à garder son calme, mais les chrétiens, surtout les jeunes, sont partagés entre la peur et la rage, note le Père Bonnie Mendes, un prêtre pakistanais de 71 ans.
Qui souligne les faiblesses des Eglises et de la communauté chrétiennes du Pakistan: «Les efforts entrepris dans le domaine de la formation ne sont pas toujours payés de retour, à en juger par le taux d’abandon chez les séminaristes et le clergé. De même, il n’est pas rare que des laïcs à qui sont confiés des responsabilités partent avec la caisse. Les personnes prêtes à s’engager au service de l’Eglise et des chrétiens ne sont plus si nombreuses que cela!… L’oecuménisme est une réalité négligée depuis des années. De nouvelles Eglises apparaissent et accentuent cette tendance à la division.».
La division est un poison, affirme encore le prêtre, dont l’effet est d’autant plus sensible qu’il affaiblit la communauté à une époque où les accusations pour blasphème se multiplient contre les chrétiens. Elles visent avant tout des chrétiens pauvres. «Les autorités subissent peut-être la pression des islamistes pour agir en ce sens, mais les chrétiens ne réagissent pas de manière unie», déplore-il. (apic/asian/eda/be)




