Intervention de l’archevêque du diocèse aux Armées des Etats-Unis

Vatican: Les aumôniers militaires appelés à être la voix de la conscience

Vatican, 16 octobre 2007 (Apic) Les aumôniers militaires doivent être la voix de la conscience et les défenseurs des droits de l’homme de leurs propres soldats, des ennemis combattants et des civils, estime Mgr Edwin F. O’Brien, qui vient d’être installé sur le siège historique de Baltimore. Mgr O’Brien fut pendant 10 ans archevêque du diocèse aux Armées des Etats-Unis.

Alors que les Etats-Unis ont vu leur réputation fortement mise à mal par les révélations sur les tortures infligées dans les prisons irakienne d’Abou Ghraib, afghane de Bagram ou cubaine de Guantanamo, l’ancien évêque aux armées rappelle quelques principes de base. «S’il y a une acceptation du meurtre direct de non combattants ou si on justifie la torture pour obtenir des informations, le service de l’aumônerie militaire est soit absent soit il ne fait pas son travail», a déclaré l’archevêque de Baltimore à l’occasion d’un cours pour les aumôniers militaires organisé par le Vatican.

Il a qualifié d’»extrêmement barbare» le traitement réservé aux prisonniers du centre de détention d’Abou Ghraib, et estimé que cela démontrait à quelles extrémités les êtres humains pouvaient arriver, spécialement en temps de guerre. «Il est, peut-être, significatif que la prison d’Abou Ghraib n’avait pas d’aumônier assigné, bien que les règles de l’armée l’exigent», a-t-il relevé.

Le cours dispensé au Vatican, centré sur la coopération entre les religions pour promouvoir le droit humanitaire et les droits de l’homme dans les situations de conflit, était soutenu par la Congrégation pour les évêques et les Conseils pontificaux «Justice et Paix» et pour le Dialogue interreligieux et pour la Promotion de l’unité des chrétiens.

L’aumônier témoin d’un acte de torture doit réagir

L’archevêque O’Brien a rappelé aux participants du cours l’obligation de la communauté militaire internationale de prendre au sérieux et de respecter les croyances religieuses des autres. C’est «critique aujourd’hui» étant donné l’engagement croissant de forces de maintien de la paix multinationales et des tensions persistantes au Moyen-Orient. Il a insisté sur le fait que les aumôniers militaires devaient avoir une solide formation dans leur propre tradition religieuse mais également connaître et respecter la foi des autres croyances.

La connaissance et le respect des autres croyances religieuses doivent aller jusqu’à fournir aux prisonniers, pour pouvoir prier et célébrer leur culte, des accessoires qui ne sont normalement pas accessibles. Ainsi les prisonniers musulmans devraient, dans la mesure du possible, pouvoir disposer de tapis de prière et d’un Coran.

Finalement, a-t-il souligné, le rôle d’un aumônier n’est pas celui d’un guerrier, mais celui d’un faiseur de paix et d’un constructeur de ponts. «La tâche d’un aumônier est d’être la voix des soldats les moins gradés et des victimes de la guerre», a-t-il conclu, avant de déclarer que les aumôniers qui étaient témoins d’actes de torture devaient intervenir pour y mettre un terme. (apic/cns/be)

16 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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