Apic interview

Neuchâtel: Goerg Vischer présente la première «Semaine des religions» nationale

Rendre visible le travail interreligieux et démanteler les préjugés

Georges Scherrer, Apic / Traduction: Bernard Bovigny

Neuchâtel, 26 octobre 2007 (Apic) La première «Semaine des religions» nationale doit contribuer à démanteler les préjugés, affirme le président de la Communauté de travail interreligieux en Suisse (COTIS), le pasteur bâlois Georg Vischer.

Cette série de manifestations organisées et coordonnées dans toute la Suisse a lieu du 4 au 10 novembre (programme sur le site internet www.semaine-des-religions.ch).

Apic: Pourquoi avoir lancé cette «Semaine des religions»?

Georg Vischer: La COTIS voulait depuis longtemps lancer un «Jour des religions», à savoir une journée nationale destinée à éveiller une large couche de la population à la conscience de la diversité religieuse et à l’inviter à la rencontre interreligieuse. Il est cependant apparu impossible de trouver un seul jour qui convienne à toutes les communautés. C’est pourquoi nous avons opté pour une semaine entière.

Notre désir était de proposer une fois par année un cadre dans lequel il est possible de rendre visible à l’échelon national ce qui se passe au niveau régional.

Apic: Quel a été le plus grand défi lors de la préparation?

Georg Vischer: Le plus difficile a été d’inciter les organisations déjà existantes dans toutes les parties de la Suisse à la coopération. La COTIS ne peut pas prescrire des lignes de conduite. Nous devions convaincre les organisations locales et régionales de collaborer. Dans le domaine de la collaboration interreligieuse, les responsables locaux sont tellement pris par leurs propres problèmes qu’ils ont peu d’énergie en réserve ou de personnes à disposition pour s’engager au niveau suprarégional. Et c’est là que se situait le plus grand défi en vue de mettre sur pieds un événement national.

De très nombreux groupes religieux immigrés vivent en Suisse. Mais ils ont un statut social et économique qui leur laisse peu de liberté de mouvement, en vue d’entreprendre quoi que ce soit au-delà de leurs propres frontières. Par contre, les communautés religieuses installées de longue date disposent de très nombreux moyens de s’exprimer et d’organiser des manifestations. C’est pourquoi il nous est apparu important, lors de la préparation de la Semaine des religions, d’aplanir ces inégalités. Les communautés doivent se rencontrer d’égal à égal.

Apic: Où voyez-vous les limites d’une telle initiative?

Georg Vischer: Le dialogue interreligieux se trouve dans une phase de développement. Durant cette semaine, nous souhaitons que les rencontres atteignent une certaine profondeur. Nous ne devons pas nous limiter aux comparaisons scientifiques entre les religions. Nous aimerions parler de ce qui nous est fondamentalement sacré. Et notre recherche sur ces réponses n’est pas encore très développée.

Apic: Où avez-vous senti de la résistance lors de la préparation de cette semaine?

Georg Vischer: Les immigrés sont heureux de saisir chaque occasion qui se présente pour entreprendre une collaboration constructive, et dans laquelle ils se sentent acceptés d’égal à égal. C’est plutôt du côté des Eglises chrétiennes que nous avons rencontré des réserves. Car celles-ci affirmaient: «Quoi? Encore une semaine? Encore un événement? Encore un thème? Mais il y en a déjà assez! Si nous prenons part à une semaine des religions, si nous y collaborons et participons à son financement, nous surchargeons nos membres».

J’ai souvent entendu cette objection. Nos sollicitations en vue d’une participation financière n’ont pas toujours été bien accueillies. Mais aujourd’hui, nous constatons une grande disponibilité à coopérer.

Apic: Combien coûte la réalisation de la Semaine des religions?

Georg Vischer: La Semaine est soutenue de différentes façons. Nous avons obtenu des contributions financières des Eglises nationales, des délégués cantonaux à l’intégration et des loteries cantonales. Un montant très important a été accordé par la Société suisse d’utilité publique. Mais notre budget d’environ 200’000 francs n’est actuellement couvert qu’à moitié. Beaucoup de services que nous aurions pu considérer comme du travail professionnel ont dû être accomplis en tant que prestations personnelles. Mais il doit être possible, même dans ces conditions, d’obtenir quelque chose de bon. J’en suis persuadé!

Apic: Quelle est l’aspect symbolique le plus significatif de cet événement?

Georg Vischer: Je pense: rendre visible au niveau national tout ce qui se passe en Suisse dans le domaine de la collaboration et de la discussion interreligieuses, et faire découvrir les façons différenciées dont elles s’accomplissent. Il existe beaucoup de préjugés dans ce domaine. S’ils peuvent être brisés en rendant visible ce qui est accompli, alors nous avons déjà beaucoup atteint. D’où l’importance de transmettre le savoir.

Avis aux rédactions: Des photos payantes de Georg Vischer sont à disposition. A commander à: kipa@kipa-apic.ch. Prix pour droit d’utilisation: 80 frs la première photo, 60 frs les suivantes.

(apic/gs/bb)

26 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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