Publication des données 2006 de l’Office fédéral de la statistique

Suisse: Le taux d’interruptions de grossesse est plutôt bas en comparaison européenne

Neuchâtel, 5 novembre 2007 (Apic) 10’500 interruptions de grossesse ont été déclarées en 2006 en Suisse, annonce lundi l’Office fédéral de la statistique (OFS) à Neuchâtel. Cela correspond à des taux de 6,8 interruptions de grossesse pour 1000 femmes de 15 à 44 ans et de 143 interruptions pour 1000 naissances. Les taux enregistrés en Suisse ces dernières années sont relativement bas en comparaison à d’autres pays d’Europe, relève l’OFS.

Entre 2005 et 2006, le taux d’interruptions de grossesse pour 1000 femmes en âge de procréer a légèrement diminué, passant de 7,0 à 6,8 interruptions de grossesse pour 1000 femmes de 15-44 ans. L’OFS n’est pas en mesure de dire pour l’instant si cette diminution reflète une tendance réelle ou une variation annuelle. En comparaison avec les pays voisins, le taux d’interruptions de grossesse en Suisse est plutôt bas. En effet, l’Allemagne, l’Angleterre/Pays de Galles, la Belgique, l’Espagne et les Pays-Bas relèvent des taux allant de 7,2 à 17,0 interruptions pour 1000 femmes de 15-44 ans.

Fortes variations entre les cantons

Les taux varient fortement selon les cantons, allant de 1,7 à 16 interruptions de grossesse pour 1000 femmes de 15-44 ans et de 35 à 318 interruptions pour 1000 naissances. On varie ainsi de 16 à Genève (le plus haut taux en Suisse) à 2,9 en Valais, contre 1,7 à Uri et 1,8 à Nidwald. Alors que Zurich a un taux de 8, Bâle-Ville atteint 10,3, et Neuchâtel 10,5. Fribourg a un taux de 4,8, mais le Jura a un taux de 8,1 et le Tessin de 9,4, soit dans ce cas le même taux que le canton de Vaud.

En moyenne, les cantons avec un hôpital universitaire et les cantons frontaliers enregistrent des taux plus élevés, probablement en raison d’un afflux de femmes d’autres cantons ou d’autres pays, indique l’OFS.

En effet, en 2006, 7% des femmes ont été prises en charge dans un autre canton que leur canton de domicile et 4% étaient domiciliées dans un pays étranger. Le taux d’interruptions chez les adolescentes (15-19 ans) est relativement bas par rapport aux autres pays d’Europe et il reste inférieur à 6 interruptions de grossesse pour 1000 adolescentes. Moins de 1% des femmes ayant procédé à une interruption de grossesse avaient moins de 16 ans.

Une majorité par voie médicamenteuse

La méthode médicamenteuse est de plus en plus utilisée au détriment de la méthode chirurgicale. En 2006, 53% des interruptions ont eu lieu par voie médicamenteuse contre 49% en 2004. La région lémanique est la seule région où l’on note un recours plus fréquent à la méthode chirurgicale. La proportion d’interruptions pratiquées dans les 12 premières semaines de grossesse est stable: elle représente 96% des interruptions.

L’obligation de déclarer les interruptions de grossesse est inscrite dans la loi depuis l’entrée en vigueur, en octobre 2002, du régime des délais (code pénal, art 119). Avant l’entrée en vigueur de la loi, la réglementation variait d’un canton à l’autre. Les cantons où l’interruption de grossesse était autorisée pour certaines indications enregistraient le nombre d’autorisations accordées. (apic/com/be)

5 novembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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