Une culture de la fraternité internationale

Lausanne: La communauté Sant’Egidio participe aussi à la Semaine suisse des religions

Déo Negamiyimana

Lausanne, 7 novembre 2007 (Apic) Dans le cadre de la Semaine des religions lancée pour la première fois par IRAS COTIS, Communauté de Travail Interreligieux en Suisse, du 4 au 10 novembre 2007, la Communauté Sant’Egidio a expliqué mardi soir son engagement en faveur du dialogue interreligieux. Propos de deux responsables pour qui tout dialogue de religions doit partir des difficultés que les gens rencontrent dans la vie de chaque jour.

La Semaine des religions en Suisse vient renforcer l’idéal même de la Communauté Sant’Egidio qui, depuis une vingtaine d’années organise des rencontres interreligieuses. Selon Marie Bornand, responsable de la Communauté à Lausanne, l’objectif d’une telle semaine, tout comme celui des rencontres interreligieuses, est de promouvoir la connaissance réciproque et le dialogue entre les religions, avec la paix comme horizon. «Mais tout cela doit être encré au coeur des problèmes quotidiens des gens», souligne-t-elle.

Après un film documentaire qui retraçait un parcours des rencontres interreligieuses qui ont déjà eu lieu à travers les villes européennes, les participants ont échangé sur l’impact qu’elles ont dans la vie de chaque jour. «Elles vont au-delà de l’aspect spectaculaire qui est le plus en vue au moment de leur déroulement», constate Anne-Catherine Reymond, responsable adjointe de la communauté. Pour la Lausannoise, ces rencontres constituent un moment privilégié de discuter des principaux défis auxquels le monde fait face: sida en Afrique, paix entre Israéliens et Palestiniens, peine de mort, guerres qui endeuillent de nombreuses populations, personnes âgées abandonnés à elles-mêmes, réfugiés mal accueillis.

Piliers pour permettre les chances d’un dialogue interreligieux

Face à cette situation, la Communauté de Sant’Egidio a choisi des piliers sur lesquels elle s’appuie pour tenter d’améliorer la situation favoriser un vrai dialogue interreligieux. Un peu comme les 5 piliers de l’Islam, la Communauté a également 5 piliers sur lesquels repose l’action de ses membres. Il s’agit de l’amitié avec les pauvres, du service pour la paix et de l’humanisation du monde, de la prière, de l’évangile et de la construction d’une communauté humaine sans frontières.

Actuellement, la communauté de Sant’Egidio de Lausanne s’inquiète particulièrement du sort réservé aux personnes frappées de non entrée en matière en Suisse et qui seront exclues du système social. «A Lausanne, nous avons commencé à leur rendre visite une fois toutes les deux semaines», confie la responsable de la communauté.

L’Evangile n’est pas un patrimoine exclusif

N’est-ce pas une utopie de penser à un monde sans frontières eu égard aux conflits de pouvoir politique et religieux? A La communauté Sant’Egidio de Lausanne, on voit les choses autrement. «Nous nous basons sur la prière pour espérer que les choses peuvent encore tourner positivement», indique Anne-Catherine Reymond pour qui l’Evangile n’est pas un patrimoine exclusif, mais une responsabilité supplémentaire pour les membres de la Communauté. En communiquant l’Evangile, des résultats ne viennent peut-être pas bruyamment mais ils sont là tout de même.

Du pain sur la planche

La communauté Sant’Egidio donne l’exemple de l’avancée significative de l’abolition de la peine de mort dans le monde où l’un des derniers pays à l’abolir est le Gabon. Autre exemple: Lors d’une rencontre interreligieuse, un ministre de l’intérieur israélien avouait que si son pays avait tout fait pour la sécurité, il avait encore beaucoup à faire pour la paix. «Autant d’éléments qui prouvent combien le dialogue des religions basée sur le quotidien de la vie peut changer le monde. Nous y croyons», confirme Marie Bornand.

La Semaine suisse des religions se poursuivra jusqu’au 10 novembre, avec différentes manifestations.

Le coup d’envoi officiel de la Semaine suisse des religions a été donné le 1er novembre à Neuchâtel, par un concert «Musique et Spiritualité». La COTIS (IRAS en allemand) a été fondée en association en 1992. Environ cent institutions en sont membres. Parmi elles figurent des associations baha’i, bouddhistes, chrétiennes, hindoues, juives et musulmanes.

A noter également, à Lugano, la journée «portes ouvertes» des 6 et 8 novembre dans les différents lieux de culte. (apic/dng/pr)

7 novembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!