Soudan: Institutrice britannique inculpée mercredi pour insulte à l’islam

Un élève a appelé un ours en peluche «Mahomet»

Khartoum, 28 novembre 2007 (Apic) L’institutrice britannique Gillian Gibbons, arrêtée dimanche par la police soudanaise à Khartoum parce qu’un de ses élève avait appelé un ours en peluche «Mahomet», a été inculpée mercredi après-midi en vertu de l’article 125 du Code pénal soudanais pour insulte à l’islam.

Elle a porté atteinte au prophète de l’islam, a indiqué mercredi un responsable du Ministère soudanais de la Justice. Selon cette instance officielle, G. Gibbons, une ressortissante de Liverpool âgée d’une cinquantaine d’années, est «innocente jusqu’à preuve du contraire».

Un jeune élève a expliqué que le fait de nommer un ours en peluche «Mahomet» était son idée, car il s’appelle lui-même Muhammad. Des parents d’élèves ont dénoncé l’institutrice qui avait organisé un vote sur le nom à donner à la peluche. Ils se sont plaints à la police que Gillian Gibbons ait permis à des élèves de six à sept ans d’appeler ainsi un nounours. Pour les musulmans, la représentation du prophète Mahomet est illicite.

L’institutrice britannique enseignait dans une école privée, l’Unity High School de Khartoum, qui accueille des élèves chrétiens et musulmans. Elle est poursuivie en vertu de l’article 125 du Code pénal soudanais portant sur les insultes aux religions, aux rites et aux croyances, sur la dégradation de biens sacrés et l’humiliation des croyants.

Si elle est condamnée, la ressortissante britannique âgée de 54 ans risque une peine maximale de 6 mois de prison, assortie de quarante coups de fouet et d’une amende.

L’Unity High School, l’école britannique internationale au Soudan fondée en 1902, est fermée depuis cet incident sur ordre des autorités soudanaises. Elle ne reprendra pas les cours avant janvier prochain, par peur de représailles.

Pour l’ambassade du Soudan à Londres, cette affaire est une tempête dans un verre d’eau, rapporte mercredi la BBC. Pour son porte-parole Khalid al Mubarak, l’institutrice pourrait bientôt être libérée, l’incident étant basé sur un malentendu culturel. Du personnel de l’ambassade britannique a pu visiter la prisonnière internée au Bureau d’enquête criminelle à Khartoum. Rappelons que l’islam bannit toute représentation en image de son prophète. Le Soudan est l’un des rares pays au monde où la charia ou loi islamique est en vigueur, dans la partie septentrionale du pays. (apic/bbc/be)

28 novembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!