Soutien du Mercosur aux institutions démocratiques
Bolivie: Le gouvernement appelle au dialogue
La Paz, 3 décembre 2007 (Apic) Un appel au dialogue et à éviter «des mesures de pression qui échoueront dans leur but déstabilisateur et antidémocratique» a été lancé par le gouvernement aux dirigeants de l’opposition conservatrice qui se préparent dès lundi à renforcer les actions de «désobéissance civile», suite à l’approbation, en l’absence de la minorité politique, du projet de la nouvelle Constitution.
«Avant que ces mesures n’échouent, nous vous invitons au dialogue», a déclaré le porte-parole de l’exécutif Alex Contreras sur les fréquences de la radio nationale «Patria Nueva» en s’adressant aux gouverneurs des six départements à l’origine la semaine dernière d’une grève générale contre le gouvernement. Quant au président Evo Morales, ses propos ont été plus sévères: «Il n’y a aucune raison pour demander pardon».
Aux yeux du président Morales, c’est à ceux qui ont mobilisé une partie du peuple avec le soutien de Santa Cruz (la région la plus riche du pays, Ndlr) et qui ont attaqué l’Assemblée constituante de demander pardon. «Ce sont les gouverneurs qui se sont mobilisés à l’aide de groupes de délinquants préparés pour attenter à l’Etat», a-t-il répondu au président du «Comité civique» (organisation qui réunit l’élite de la politique et de l’entreprenariat) de Santa Cruz, Branko Marinkovic, qui avait exhorté le président bolivien à «demander pardon» pour les quatre victimes provoquées par les désordres de la semaine dernière à Sucre.
«Autrefois, en Bolivie, il y avait les riches au pouvoir et les pauvres qui luttaient contre ces politiques d’inégalité. Et maintenant que le gouvernement veut revendiquer les droits du peuple, l’oligarchie s’organise pour empêcher l’égalité sociale, le seul moyen de démocratiser l’économie et de réduire les différences», a ajouté le premier président indigène bolivien tout en réitérant son invitation au dialogue, mais – a-t-il dit – «s’ils ne l’acceptent pas, il en va de leur responsabilité».
Pendant ce temps, les pays membres du Mercosur, la communauté économique des pays d’Amérique du Sud, ont exprimé leur «ferme soutien aux institutions boliviennes dans le respect des principes démocratiques» et rejeté «toute tentative de porter atteinte à la stabilité du gouvernement et des organes élus par le peuple».
Les ministres des Affaires étrangères d’Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay – membres à part entière du Mercosur, qui compte le Chili, l’Équateur et le Pérou comme États associés et attend l’entrée officielle du Venezuela – ont sollicité «toutes les forces politiques à entretenir un climat de dialogue et de compréhension». (apic/misna/pr)




