Manipulations et violences inacceptables

Kenya: Les évêques inquiets du climat d’intolérance à l’approche des élections

Nairobi, 12 décembre 2007 (Apic) La Conférence des évêques du Kenya a lancé un appel à la tolérance et au respect réciproque en vue des élections présidentielles et parlementaires du 27 décembre prochain qui auront lieu au Kenya. Les évêques se disent inquiets du climat de violence constaté ces dernières semaines.

«Chaque fois qu’il y a une élection, il y a de la violence. La cause est politique. On ne devrait pas inciter les gens à la violence et les gens ne devraient pas accepter d’être manipulés», ont dit Mgr. Peter Kairu, évêque de Nakuru (au centre-ouest du pays, dans la Vallée du Rift), et Mgr. Cornelius Schilder, évêque de Ngong (à l’ouest de la capitale Nairobi), cités par l’Agence Misna.

«Nous ne pouvons pas accepter que des crimes commis restent impunis, sous les yeux mêmes de la police, sans que personne ne soit arrêté», poursuivent les prélats, qui critiquent la lente réaction du gouvernement face à la violence.

Pour Mgr Kairu, qui est également président de la Commission épiscopale Justice et Paix, «il est très triste de voir que des groupes de personnes peuvent s’en prendre à d’autres pour le seul motif qu’elles appartiennent à un groupe politique différent ou ont une idéologie politique différente ou appartiennent à une ethnie différente».

Selon des informations reprises par Misna, on estime qu’une vingtaine de personnes ont été tuées au cours de ces dernières semaines dans la zone de Kuresoi, dans le district de Molo, dans la Vallée du Rift. Près de 250 habitations auraient été incendiées et 16’000 civils obligés de fuir en raison d’affrontements entre communautés politiquement instrumentalisés.

Dans la lettre pastorale, les chefs de l’Église catholique kényane ont également condamné les violences survenues cette année dans la zone du Mont Elgon, dans l’ouest, où la violence de groupes armés, comme la «Sabaot land defense force» (Sldf), et la répression de la police ont causé des dizaines de milliers de personnes déplacées. Les tensions dans le Mont Elgon – qui ont commencé à cause d’un plan controversé de redistribution de la terre – pourraient empirer avec les élections.

Le mois dernier, la Sldf a menacé les résidents de représailles s’ils ne votent pas pour les candidats soutenus par le groupe armé. (apic/misna/pr)

12 décembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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