Lettres de créance de 7 nouveaux ambassadeurs
Rome: Le dialogue doit l’emporter sur la violence, rappelle Benoît XVI
Rome, 13 décembre 2007 (Apic) Le pape Benoît XVI a reçu jeudi en audience 7 nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège, venus présenter les lettres de créance. Devant les ambassadeurs de Thaïlande, Namibie, Koweït, Singapour, Gambie, des Seychelles et du Surinam, le pape a centré son discours sur «le dialogue, qui doit l’emporter sur la violence».
L’éducation, la jeunesse les valeurs morales, le fléau du sida et la drogue ont également été des thèmes abordés par le pape dans les discours remis aux ambassadeurs.
Dans son discours général, le pape a insisté sur l’éducation à donner aux jeunes générations pour lutter contre la violence. Evoquant là «la priorité» de l’éducation des jeunes afin de «lutter contre la désespérance qui peut habiter leur coeur et être à l’origine de nombreux actes de violence, individuels et collectifs».
S’adressant ensuite à chacun des ambassadeurs, le pape a précisé son discours, ciblant ici et là des thèmes. Comme celui de la banalisation de «la sexualité dans les media et dans l’industrie», en s’adressant au représentant de la Thaïlande, Chaiyong Satjipanon. Benoît XVI a ainsi dénoncé «le déclin des valeurs morales transmises par cette banalisation, avant de souhaiter, à 10 jours des élections législatives, un «processus électoral juste et équilibré».
Le pape s’est enfin arrêté sur «le fléau du sida, de la prostitution et du trafic des femmes et des enfants qui continuent à affliger les pays de la région. La Thaïlande compte quelque 65 millions d’habitants. La population chrétienne et hindoue ne représente que 3% des habitants.
La jeunesse a été au centre du discours remis à l’ambassadeur des Seychelles (l’Océan indien), Main Butler Payette. A ses yeux, les Seychelles considèrent «les besoins de la jeunesse et sa saine formation» comme «une priorité notable». Il a également salué les bonnes relations entre le Saint-Siège et la République des Seychelles, exprimant sa «gratitude» pour «les efforts du gouvernement qui soutient l’éducation religieuse.» Les Seychelles, archipel de 115 îles de l’Océan indien situé au nord-est de Madagascar, comptent, selon des statistiques datant de juillet dernier, environ 81’900 habitants dont 82% de catholiques, 6 % d’anglicans, 2 % d’hindous et 1 % de musulmans.
Namibie et sida
Pour lutter contre «l’alarmante» épidémie du sida qui ravage le sud du continent africain, l’Eglise doit proposer la conception chrétienne de l’amour et de la sexualité, a estimé Benoît XVI devant l’ambassadeur de Namibie, Peter Hisjitevi Katjavivi. «L’Eglise, a-t-il dit, continuera à aider ceux qui souffrent du sida et à soutenir leurs familles», avant de préciser que la compréhension du mariage doit être comprise comme une communion totale et exclusive d’amour entre un homme et une femme. Aux yeux du pape pour prévenir les comportements de maladies sexuellement transmissibles il convient d’appliquer «l’abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage». Le pape a ensuite abordé la question du développement et du respect de la nature, en demandant au gouvernement namibien de mener une politique de développement raisonnée, en particulier en ce qui concerne la réforme agraire. La Namibie est un pays à majorité chrétienne, avec 80 à 90 % de chrétiens parmi lesquels près de 50 % de luthériens. Située au sud-ouest de l’Afrique, entre l’Angola et l’Afrique du sud, le pays compte quelque 2 millions d’habitants. La pandémie de sida en Afrique a fait chuter l’espérance de vie en Namibie de 61 ans en 1995 à tout juste 40 ans aujourd’hui. 43 % de la population de la capitale est porteuse du virus ou a déjà développé la maladie et plus de 20 % des jeunes de moins de 19 ans sont orphelins car le virus a déjà tué leurs parents.
Dialogue interculturel et interreligieux
Devant l’ambassadeur du Koweït, Suhail Khalil Shuhaiber, le pape s’est félicité du dialogue interculturel et interreligieux qui existe à ses yeux au Koweït entre la petite minorité chrétienne et la population musulmane. Ce dialogue, a-t-il dit, doit être fondé sur l’éducation, à commencer par les enfants qui ont «besoin d’être éduqués dans les valeurs authentiques qui sous-tendent leur propre culture et dans un esprit d’ouverture aux autres cultures, au respect des autres et à l’engagement pour la paix».
Après avoir rappelé les effets dévastateurs de la violence et de la guerre subis au Koweït, le pape a estimé que dans un monde où l’intolérance, la violence et l’oppression sont trop souvent proposées comme solution aux désaccords et aux conflits, il est urgent de créer ’une écologie humaine’». Le Koweït, à 85 % musulman, compte quelque 2,5 millions d’habitants. En 2008, le Saint-Siège et le Koweït fêteront le 40e anniversaire de leurs relations diplomatiques.
Dans son discours remis au nouvel ambassadeur de Singapour Barry Desker, Benoît XVI a dénoncé «l’escalade tragique du terrorisme international, souvent lié à des motifs religieux». Le sud-est asiatique, a-t-il rappelé, n’a pas été épargné des effets de ce développement inquiétant». Pour le pape, cette nouvelle menace pour la paix du monde réclame un engagement de la part des Etats. Singapour se situe au coeur d’un archipel de 64 îles situées dans le sud-est asiatique. Peuplée de 4,5 millions d’habitants, l’île de Singapour comprend environ 42 %de bouddhistes, environ 15 % de musulmans et près de 5 % de catholiques.
Les effets insidieux du trafic de drogue
Autre ambassadeur, autre sujet de préoccupation: Benoît XVI s’est en effet inquiété des «effets insidieux» du trafic international de drogue, particulièrement «destructifs» envers les «pauvres» et les «jeunes», face à la représentante du Surinam, Urmila Joella-Sewnundun. Il a souhaité que ce pays d’Amérique du sud puisse se donner les moyens de faire face à «la tendance inquiétante du trafic international de drogue». Le Surinam, appelé parfois Guyane néerlandaise avant son indépendance en 1975, est situé en Amérique du sud.
Peuplé d’environ 470’700 habitants, il comprend une population où se mélangent quelque 27% d’hindous, 25 % de protestants, 22 % de catholiques et 19 % de musulmans. Une mosaïque à l’image de la diversité ethnique et culturelle du pays. Face à l’ambassadeur de Gambie, Elizabeth Ya Eli Harding, le pape a prôné le dialogue politique et le respect de la vérité pour trouver la paix en Afrique de l’ouest. Evoquant particulièrement l’avenir de la paix en Afrique de l’ouest, Benoît XVI a souligné que «rien ne peut dispenser du processus de dialogue politique où les différences sont harmonisées et les attentes des groupes sont réajustées en vue du bien commun du peuple».
L’Eglise catholique, a encore précisé le pape, donne «pleinement son encouragement et sa coopération à tous les gouvernements africains qui tâchent de renforcer la règle de la loi et de supprimer la corruption, pour limiter le harcèlement politique et l’abus de pouvoir». Devant la diplomate, le pape a enfin salué «les bonnes relations qui existent en Gambie entre les membres des différentes religions». 9 % de chrétiens y vivent avec une majorité de musulmans (90 %). Situé à l’ouest de l’Afrique, ce pays anglophone compte environ 1,7 millions d’habitants. (apic/imedia/pr)




