Des missiles et des tirs se sont abattus sur l’établissement

Mogadiscio : Fermeture de l’hôpital des missionnaires de la Consolata

Mogadiscio, 20 décembre 2007 (Apic) Plusieurs missiles et des tirs au mortier se sont abattus sur l’hôpital de la Consolata, à Mogadiscio, en Somalie, entraînant l’évacuation des patients de l’établissement et des quelque 100 enfants accueillis dans le village pour orphelins situé à côté de la structure médicale, a confirmé le docteur Claudio Croce du Village pour enfants «Sos Children» de Mogadiscio, cité par l’Agence Misna.

«Hier soir – réd dans la nuit de mardi à mercredi -, après une journée d’intenses combats entre l’armée éthiopienne et les milices antigouvernementales, les soldats sont entrés à l’intérieur de l’hôpital et ont passé au crible nos dépôts et les secteurs de l’hôpital», témoigne le docteur Croce. «Ils étaient à la recherche d’armes et de munitions».

Les bombardements, selon le médecin, n’ont pas gravement endommagé la structure qui, administrée pendant longtemps par les Soeurs missionnaires de la Consolata, restera fermée parce qu’elle est inhabitable. «La situation est très tendue et ceux qui habitent dans cette partie de la ville, Huriwa, au nord de Mogadiscio, relève Claudio Croce, essaient de se mettre à l’abri à tout prix parce que la zone est considérée comme un bastion des rebelles et se trouve sous les tirs permanents de l’armée».

L’insécurité de la population civile est perpétuelle. Ces dernières semaines de nombreuses personnes tentent de quitter la ville : «Mercredi, l’un de nos infirmiers a essayé de fuir avec sa famille mais son épouse et deux de ses enfants ont été tués dans l’explosion d’un engin», assure le médecin de l’hôpital, un des rares qui soient encore en fonction dans la capitale somalienne.

Enfants recrutés pour combattre

«Plus longtemps l’hôpital restera fermé, dit-il, et plus les civils en pâtiront». Préoccupés par la situation des enfants dans le pays, l’Unicef a maintenant demandé la création de zones sûres pour près de 1’500’000 mineurs victimes du conflit. «Nous savons que les deux camps recrutent des enfants pour les combats», s’insurge Cristian Balslev-Olesen, responsable de l’Unicef en Somalie. «Nous voulons que les rares écoles ouvertes et les centres d’accueil deviennent sûrs pour protéger au moins les enfants de l’escalade des violences».

Aussi bien au cours des combats de 1991, à l’origine de la chute du dictateur Siad Barre, que pendant toute la guerre civile qui a suivi, l’hôpital, qui comprend une maternité, un secteur pédiatrique et qui est également engagé dans des services humanitaires, n’avait jamais été frappé par les missiles.

En 2003, la structure, administrée par les Soeurs missionnaires de la Consolata, avait ouvert une école pour infirmières dans laquelle enseignait Soeur Leonella Sgorbati, la missionnaire italienne tuée en septembre 2006 par des inconnus alors qu’elle traversait la rue qui sépare l’hôpital du Village pour enfants. Après sa mort, les autres missionnaires de la Consolata de la structure ont dû quitter Mogadiscio : elles étaient les seules occidentales à ne pas avoir abandonné la Somalie, pas même durant les moments les plus difficiles suite à la chute de Barre en 1991, écrit Misna. (apic/misna/pr)

20 décembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!