Rome : Visite de Nicolas Sarkozy au Vatican
25 minutes d’entretien entre le pape et le » chanoine honoraire»
Rome, 20 décembre 2007 (Apic) Le pape Benoît XVI a reçu le 20 décembre en audience le président de la République française, Nicolas Sarkozy. Le président français venu à Rome prendre possession de son titre d’unique » chanoine honoraire» de la basilique Saint-Jean de Latran s’est entretenu 25 minutes en tête-à-tête avec le pape. Il s’agissait de la première rencontre entre les deux hommes.
Arrivé avec un peu plus de 20 minutes de retard, le président français, très ému, a été accueilli par Benoît XVI dans la salle du » petit trône» du Palais apostolique. Puis, les deux hommes sont entrés dans la bibliothèque du palais afin de débuter leur entretien privé, assis face à face. Nicolas Sarkozy a félicité le pape pour son français «remarquable».
Le pape, très souriant, lui a répondu qu’il l’avait appris «au lycée, dans son école en Bavière». Benoît XVI, membre de l’Institut de France, parle parfaitement français. «C’est très émouvant pour moi d’être reçu par vous», a encore confié le président français au pape. Le tête-à-tête entre les deux hommes a duré 25 minutes.
Le pape et le président français ont accordé » une attention particulière à la situation internationale» mais se sont également entretenus du rôle de la religion dans le monde, indique un communiqué du Vatican. «Les entretiens cordiaux ont permis de passer en revue quelques thèmes d’intérêt commun relatifs à la situation actuelle de la France, en soulignant les bonnes relations qui existent entre l’Eglise catholique et la République française, ainsi que le rôle des religions, en particulier de l’Eglise catholique, dans le monde», indique le communiqué publié à l’issue de l’audience.
Nicolas Sarkozy était accompagné d’une suite officielle de 14 personnes, mais aucun ministre en exercice, et d’invités personnels et médiatiques: le comique Jean-Marie Bigard, le » prêtre des loubards» Guy Gilbert, cheveux long et bottes de cow-boy, Max Gallo, membre de l’Académie française, le père Philippe Verdin, dominicain avec qui le président a écrit son livre » La république, les religions, l’espérance» (2004), Jean-Pierre Machelon, Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille et Dominique Perben, ancien ministre.
Le président français a présenté très chaleureusement chacun des membres de sa suite, ainsi que les journalistes admis à suivre la rencontre. Rompant avec le protocole, il a d’ailleurs échangé quelques mots avec ces derniers devant le pape.
Les journalistes, ces méchants.
«Les journalistes ne sont pas très gentils avec moi», a alors dit au pape le président français. «Mais nous serons gentils avec vous, très Saint Père», lui ont répondu les journalistes, à qui il a adressé ses voeux pour Noël.
Nicolas Sarkozy a offert au pape des éditions anciennes de » La joie et L’imposture» de l’écrivain catholique français Georges Bernanos (1888-1948), ainsi que son propre livre cité plus haut. Benoît XVI a alors indiqué au président qu’il «connaissait, aimait beaucoup et possédait» dans une collection prestigieuse, les oeuvres de Bernanos.
A son tour, Benoît XVI a offert à Nicolas Sarkozy une médaille d’or de son pontificat. «Mon cadeau est plus modeste», a-t-il dit au président qui lui demandait si chaque pape avait ses propres médailles.
Le président français devait ensuite s’entretenir avec le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat, puis visiter la basilique Saint-Pierre et ses fouilles archéologiques, la tombe du premier des apôtres et enfin se recueillir sur la tombe de Jean Paul II.
Après un déjeuner en privé, le président devait se rendre à 16h à Saint-Jean de Latran pour prendre possession de son titre de chanoine honoraire et prononcer un discours attendu. (apic/imedia/hy/pr)




