L’importance du dialogue avec Pékin et avec l’islam

Rome : Discours de Benoît XVI à la curie romaine

Rome, 21 décembre 2007 (Apic) Le pape Benoît XVI a réaffirmé vendredi son souhait d’un «dialogue serein et constructif» avec les autorités chinoises et d’un «engagement commun» avec l’islam sans pour autant renoncer à l’évangélisation.

A l’approche de Noël et du nouvel an, le pape a reçu en audience les responsables de la curie romaine à qui il a adressé ses voeux, tout en souhaitant revenir sur quelques «événements marquants» de l’année.

Faisant ainsi le bilan de l’année écoulée, le pape a entre autres évoqué sa Lettre aux catholiques de Chine, envoyée en juin dernier. «Par cette lettre, j’ai voulu manifester à la fois ma profonde affection spirituelle pour tous les catholiques en Chine et mon estime cordiale pour le peuple chinois». Benoît XVI a expliqué y avoir «indiqué quelques orientations pour affronter et résoudre, en esprit de communion et de vérité, les problématiques délicates et complexes de la vie de l’Eglise en Chine», mais aussi «la disponibilité du Saint-Siège pour un dialogue serein et constructif avec les autorités civiles afin de trouver une solution aux divers problèmes concernant la communauté catholique».

Devant les membres de la curie romaine, Benoît XVI a aussi évoqué la lettre «gentiment» envoyée le 13 octobre dernier par 138 leaders religieux musulmans «pour témoigner de leur engagement commun pour la promotion de la paix dans le monde». «J’ai répondu avec joie, a-t-il confié, exprimant mon adhésion convaincue à de telles intentions nobles, et soulignant en même temps l’urgence d’un engagement en accord avec la défense des valeurs du respect réciproque, du dialogue et de la collaboration». «La reconnaissance partagée de l’existence d’un Dieu unique (.) constitue les prémisses d’une action commune pour la défense du respect effectif de la dignité de chaque personne humaine en vue de l’édification d’une société plus juste et solidaire».

Interrogations

Le pape a aussi consacré une partie de son intervention à son voyage au Brésil, au mois de mai. Revenant sur les conclusions des travaux de la Conférence des évêques du continent latino-américain, le pape s’est interrogé sur la question de l’évangélisation. «Est-il encore permis aujourd’hui d’évangéliser ? Les religions et les conceptions du monde ne devraient-elles pas plutôt cohabiter pacifiquement et chercher à faire ensemble ce qu’il y a de mieux pour l’humanité ?», s’est ainsi demandé Benoît XVI.

Il a ensuite affirmé qu’il était «indiscutable que nous devons tous cohabiter et coopérer dans la tolérance et le respect réciproque», notant que «l’Eglise s’implique avec beaucoup d’énergie pour cet objectif». «Mais cette volonté de dialogue et de collaboration signifie-t-elle aussi que parallèlement nous ne pouvons plus transmettre le message de Jésus Christ, ou proposer aux hommes et au monde cet appel et l’espérance qui en découle ? », s’est encore demandé Benoît XVI avant d’apporter sa réponse : «Celui qui a découvert une grande vérité, une grande joie, doit la transmettre». (apic/imedia/ms/ami/pr)

21 décembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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