Genève: La ville de Calvin prend congé des jeunes pèlerins de Taizé

Frère Emile: «Entrer dans un esprit d’aventure»

Genève, le 2 janvier 2008 (Apic) Impressionnant, émouvant, le départ de milliers de jeunes pèlerins de Taizé autour de Palexpo, le 1er janvier vers 16h30 ! Ils laissent un vide, souvent presque douloureux, dans les familles et les paroisses qui les ont accueillis. Frère Emile invite celles-ci à garder un esprit d’aventure et à retrouver le sens de l’urgence de la communion visible entre Eglises.

Qu’est-ce qui a marqué la rencontre de Genève ? Frère Emile, un Canadien depuis 32 ans à Taizé, répond ainsi: «Au-delà de l’extraordinaire expérience de l’accueil dans les familles, à laquelle toutes les Eglises ont collaboré, c’est l’appel lancé par Frère Aloïs à se retrouver pour des ’veillées de réconciliation’, une fois par mois ou par trimestre. Je crois que cela restera. Et qui sait ce qui peut se passer ? Il existe aujourd’hui une coexistence pacifique entre les confessions chrétiennes, mais parfois aussi une sorte d’indifférence. On a perdu le sens de l’urgence d’une communion visible. La suggestion de Frère Aloïs peut porter du fruit. Et il le leur a dit clairement : c’est aux jeunes, de commencer !»

Sont-ils armés pour cela, ont-ils assez d’énergie ? «C’est peut-être justement parce qu’ils sont désarmés que quelque chose peut se passer. Ils n’ont pas les mêmes précautions, les mêmes inhibitions que les adultes. Il y a chez les jeunes un bonheur d’être ensemble. J’ai confiance qu’ils mettront en oeuvre cette suggestion.» L’appel a été lancé à Palexpo devant des dignitaires des Eglises. Quelle a été leur réaction ? «Positive. Frère Aloïs l’a dit : les jeunes trouveront un soutien auprès de ces responsables.»

Plus que satisfaits

Taizé porte-t-il une attention particulière aux jeunes défavorisés, à ceux qui ne peuvent pas participer à un pèlerinage comme celui de Genève ? «Il y a eu une rencontre, il y a quelques semaines, à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne et quelques-uns de ces jeunes sont venus à Genève. Parmi les Polonais notamment, nous avions des jeunes de toutes les classes sociales. Ce grand brassage est l’un des points forts du pèlerinage. C’est possible, parce qu’il ne s’agit pas de débats intellectuels, mais chacun parle de sa propre expérience. Et là, nous sommes tous sur un pied d’égalité».

Alors que les précédentes éditions ont eu lieu dans de vastes agglomérations, comme Zagreb, Milan ou Lisbonne, le pèlerinage s’est déroulé cette année dans une ville de taille plus modeste. Est-ce que cela a posé un problème ? «Personnellement, j’ai trouvé cela agréable. Et c’est peut-être grâce à ce fait que nous avons trouvé tant de places d’hébergement : les voisins se connaissent, voyant qu’un tel recevait des jeunes, ils se sont dit pourquoi pas moi ?» Les frères de Taizé sont ainsi satisfaits de l’accueil reçu ici ? «Plus que satisfaits ! Nous sommes tous étonnés, aussi bien les frères que les responsables des paroisses. Il y a six semaines, il nous manquait 25’000 places. Elles ont été trouvées et 90 % d’entre elles dans des familles. C’est énorme !»

Ce pèlerinage peut-il donner une impulsion aux chrétiens de la région ? «Il a permis d’entrer dans un esprit d’aventure. Nous vivons dans des pays où la maîtrise compte pour beaucoup. Il faut tout maîtriser, planifier. Cela a un bon côté, mais peut être au prix de la spontanéité, de ce qui peut surgir d’imprévu dans la rencontre. Je pense que cette aventure de confiance dans laquelle des dizaines de milliers de Vaudois, de Genevois et de Français ont accepté d’entrer va se poursuivre». Propos recueillis par Michel Bavarel. (apic/mba/be)

2 janvier 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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