Rome : «Itinéraire d’un croyant», le livre-entretien avec le cardinal Cottier présenté au Vatican

Un témoin de la foi au milieu des tempêtes

Rome, 17 janvier 2008 (Apic) «Itinéraire d’un croyant», le livre écrit par Patrice Favre, journaliste au quotidien romand « La Liberté », à Fribourg, à travers un entretien avec le cardinal Georges Cottier, ancien théologien de la Maison pontificale, a été présenté mercredi soir au Vatican.

De la richesse de l’Eglise à la chasteté en passant par le marxisme et l’influence du démon, le cardinal Cottier prend position dans ce livre. Un ouvrage à la fois récit et livre d’entretiens que lui consacre Patrice Favre.

«La chasteté est bien un sacrifice. C’est un renoncement pour Dieu et pour les hommes, mais un renoncement quand même», confie le dominicain suisse âgé de 85 ans. Pour lui, «les tentations et les difficultés sont bien présentes» dans la vie sacerdotale, «comme dans le mariage, mais il faut rester fidèle à son engagement». «Il n’y a pas de ’truc’ pour rester fidèle, il faut prier !» «Mais ce monde est difficile pour la chasteté», ajoute-t-il. «Et l’explosion, qu’on n’attendait pas, des problèmes d’homosexualité dans la vie religieuse, a troublé de nombreuses consciences». Et d’ajouter : «L’Eglise n’a pas peur du sexe et du plaisir, mais de la violence présente dans la sexualité».

S’exprimant ensuite sur son deuxième voeu de religieux, la pauvreté, le cardinal suisse estime qu’il est «possible» de rester «pauvre et simple» dans les palais du Vatican. «La richesse du Vatican n’a pas grand-chose à voir avec le golf, les yachts et autre signe de richesse à la mode». «C’est d’abord un patrimoine extraordinaire de culture et de beauté artistique». «L’Eglise a la responsabilité de conserver cet héritage pour l’humanité, indépendamment de sa mission religieuse», ajoute-t-il.

Dans ce livre-entretien, le cardinal Cottier évoque aussi les rapports de l’Eglise avec les juifs. «En ce moment, il faut le dire, les rapports entre juifs et chrétiens sont très bons». «L’inquiétude de mes amis juifs est que les pas accomplis par Jean-Paul II puissent être remis en question par ses successeurs». «Je leur réponds que le pape a parlé en tant que pape, pas comme Karol Wojtyla», ajoute-t-il soulignant que «l’Eglise est engagée». «Et Benoît XVI a déjà posé des gestes clairs». Selon lui, cependant, «la réconciliation est un combat de longue haleine».

Le marxisme et la peur des jeunes

Le cardinal Cottier s’exprime également sur le marxisme, «qui est beaucoup plus dangereux qu’on le croit habituellement dans les milieux d’Eglise». «Parce que c’est un système athée et un système totalitaire», explique-t-il.

Enfin, le théologien suisse s’inquiète aussi de la peur des jeunes aujourd’hui : «peur du mariage ou de la vie religieuse, peur d’être adulte et peur d’avoir des enfants». «Une bonne part de la jeunesse développe des tendances régressives», regrette-t-il. Pour lui, «cette fragilité psychologique est aussi l’effet d’un monde qui a voulu se libérer du péché» et «il faut retrouver le sens du péché». «La vérité a ses exigences», estime-t-il aussi, «elle ne se contente pas de la sécurité matérielle». «Sur les grandes questions de la vie, face à Dieu, à autrui, au bien et au mal, il faut choisir, et donc risquer». «Si on refuse de prendre ses responsabilités, la vie se réduit à des choix médiocres, des choix de supermarché : que mettre dans mon caddie, voilà à quoi se réduit la liberté de beaucoup, aujourd’hui», affirme encore le cardinal suisse.

Georges Cottier / Itinéraire d’un croyant», Patrice Favre, Editions CLD / La Liberté, 258 pages, 20 euros – 40,50 frs. (apic/imedia/ms/pr)

17 janvier 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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