Le pape se dit proche de leurs aspirations
Cuba : Message de Benoît XVI aux Cubains
Rome, 21 février 2008 (Apic) Le pape Benoît XVI a fait part de sa «proximité à l’égard des aspirations et des préoccupations de tous les Cubains», dans un message adressé aux évêques de l’île à l’occasion du 10e anniversaire de la visite de Jean Paul II, le 21 février.
Le texte dans lequel le pape souhaite la «réconciliation» sur l’île a été remis sur place par le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, en visite à Cuba du 21 au 26 février 2008.
Dans son message en espagnol, tout en renouvelant son «estime» pour «les engagements pastoraux» des évêques, Benoît XVI a fait part de sa «proximité à l’égard des aspirations et des préoccupations de tous les Cubains». Le message du pape porte la date du 20 février. La veille, Fidel Castro, avait annoncé qu’il renonçait à la présidence. Malade et absent du pouvoir depuis plus de 18 mois, âgé de 81 ans, il devrait être remplacé le 24 février prochain par son propre frère, Raul Castro. Celui-ci devrait rencontrer le cardinal Bertone dès le lendemain, à La Havane.
Les «valeurs» de l’Evangile, qui sont «un élément vital (.) pour la concorde et l’avenir heureux de la patrie» sont «enracinées dans l’âme cubaine», a encore affirmé Benoît XVI dans son message aux évêques. L’île a besoin «aujourd’hui» de «la sollicitude pastorale généreuse» de l’Eglise pour «faire le bien, promouvoir la dignité de l’homme et semer des sentiments de compréhension, de miséricorde et de réconciliation». Le pape a également souligné «la grande importance» de «la mission que l’Eglise effectue à Cuba en faveur des plus pauvres».
Benoît XVI a longuement évoqué «la mémorable» visite de Jean Paul II sur l’île en janvier 1998.
Entre Jésus et le Che
Le 24 janvier 1998, lors d’une messe célébrée à Santiago de Cuba, devant Raul Castro, déjà numéro deux du régime, Jean Paul II avait lancé un appel en faveur de «la vraie liberté» par «la reconnaissance des droits de l’homme et de la justice sociale». Il avait signifié aux laïcs chrétiens qu’ils avaient non seulement «le droit» mais «le devoir» de «participer au débat public» en réclamant «l’égalité des chances» avec d’autres composantes politiques.
Le lendemain, avant de quitter Cuba, le pape polonais avait célébré la messe devant plusieurs centaines de milliers de fidèles sur la place de la Révolution de La Havane où se faisaient face deux immenses portraits, l’un fixe, en fer forgé, de Che Guevara, et l’autre, peint une semaine plus tôt, de Jésus-Christ. Devant Fidel Castro et son gouvernement, le pape avait condamné comme «injuste et éthiquement inacceptable» l’embargo américain imposé contre l’île depuis 30 ans tout en précisant nettement que cet embargo n’était pas la cause de tous les maux. (apic/imedia/ami/pr)




