Leur contribution à la lutte contre la corrpution

Philippines: Des religieuses gardes du corps d’un témoin clé

Manille, 22 février 2008 (Apic) Insolite: des religieuses philippines sont devenues des gardes du corps, afin de protéger Rodolfo Lozado, témoin clé dans un scandale de corruption qui compromet l’époux de la présidente du pays, Gloria Arroyo. Ce témoin a trouvé refuge dans leur couvent, à Manille. L’histoire a été contée par un Philippin au quotidien limeño (Lima) «El Comercio».

Elles passent pour inoffensives, et même candides. Une apparence, seulement, car ces religieuses ont pris leur rôle très au sérieux. Une nécessité dans un pays où la corruption atteint jusqu’à – et surtout – la police. Allez donc confier dans ces conditions une tâche de protection d’un témoin clé… à ces derniers dans un pays où n’importe quel «pistolero» s’achète au premier coin de rue.

Armées uniquement d’un rosaire, ces religieuses ont pris un cours d’art martial. Soeur Estrella Castalone est à la tête de «cette troupe», formée d’une douzaine de «monjas» catholiques de diverses communautés religieuses, y compris de la Congrégation des Filles de la charité.

En dehors de Rodolfo Lozada, ces «Anges protectrices», ainsi tendremenet nommées par la rue, assurent la protection d’autres personnes, elles aussi menacées par n’importe quel tueur lorsqu’il s’agit d’aller témoigner devant un tribunal. Même si les membres qui l’intègrent ont de fortes chances d’être eux aussi corrompus. Sans crainte, elles forment alors une sorte de cordon de sécurité, lorsque la personne en question doit sortir de son refuge pour aller témoigner.

Pour l’heure, les «Anges protectrices» assurent la sécurité de Lozado, accueilli pour un temps dans un couvent de Manille. Un Lozado protégé par des religieuses convaincues qu’avec la prière aussi une bataille peut se gagner.

A plusieurs reprises, l’Eglise catholique des Philippines est montée aux barricades pour dénoncer la corruption dans le pays. La présidente Arroyo n’échappe pas non plus à ces critiques. Ni à la colère des évêques, qui l’accusent elle aussi de corruption. A plusieurs reprises, les prélats ont demandé sa démission. Après avoir obtenu l’éviction des présidents Ferdinand Marcos, en 1986, et Joseph Estrada, en 2001. (apic/elc/pr)

22 février 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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