L’Eglise catholique veut y imposer une éthique stricte

Londres: Le cardinal Murphy-O’Connor démissionne des directeurs de l’hôpital catholique

Londres, 28 février 2008 (Apic) Le cardinal Cormac Murphy-O’Connor a demandé la démission d’une grande partie des directeurs de l’hôpital catholique «St. John and St. Elizabeth» à Londres. Cet hôpital offrait aux patients des contraceptifs et des références pour l’avortement, tandis que l’Eglise veut y imposer une éthique catholique stricte. Les divergences à ce propos avaient abouti à une impasse à propos du code d’éthique que devait adopter l’hôpital.

Après deux ans de conflit ouvert, le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, archevêque de Westminster, a demandé la démission de 10 des 13 directeurs de cet hôpital catholique privé de Londres. Sa décision fait suite à la nomination de Lord Guthrie, ancien chef des forces armées britanniques, comme nouveau président du Conseil de direction début février, annonce l’agence de presse catholique américaine CNS. Son prédécesseur, Lord Bridgeman, avait démissionné de son poste de président du Conseil des directeurs suite aux pressions. Suite à l’imposition du nouveau code d’éthique, les médecins de l’hôpital n’ont plus le droit de pratiquer des interruptions de grossesses, de fournir des contraceptifs, ainsi que la pilule du lendemain.

«A la lumière des récentes difficultés et des défis qui se présentent», le cardinal a demandé au Conseil de démissionner. Cette démarche a été entreprise pour permettre au nouveau président de débuter ses fonctions en toute liberté dans le but d’assurer le futur bien-être de cet hôpital catholique», a déclaré un porte-parole du cardinal. Qui a exprimé ses «sincères remerciements» aux membres de l’ancien Conseil «pour leur générosité et tout ce qu’ils ont fait pour l’hôpital dans le passé».

Le cardinal avait demandé la démission de tous les membres du Conseil et nommé un nouveau président dans le but de recruter de nouveaux directeurs, face aux réticences des anciens. A la demande de la Congrégation vaticane pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Murphy-O’Connor avait chargé une commission indépendante d’examiner les accusations portées contre les pratiques de l’hôpital. Cette commission, selon des sources ecclésiales, a trouvé que l’hôpital violait son propre code d’éthique, qui interdit les pratiques qui violent la morale catholique.

Le conflit avait pris de l’ampleur en avril 2007 quand le cardinal Murphy-O’Connor, chef de l’Eglise catholique d’Angleterre et du Pays de Galles, avait donné l’ordre à l’hôpital de cesser de fournir des contraceptifs, de faire des traitements de fécondation in vitro, des opérations de changements de sexe et de donner des références pour pratiquer des avortements.

En décembre dernier, alors qu’augmentait la pression des responsables de l’Eglise catholique, deux membres du Conseil de l’hôpital avaient démissionné. L’un d’entre eux, le Dr. Martin Scurr, avait recommandé que l’Eglise catholique laisse tomber tout engagement dans les institutions de santé, «étant donné qu’elle est incapable d’arriver au degré de tolérance qui a été atteint partout ailleurs dans le monde». Les démissionnaires accusent l’Eglise catholique de vouloir placer sa morale au-dessus des soins au patient. (apic/cns/cwn/be)

28 février 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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