L’exile pour 300’000 indigènes en 2007

Colombie : Le conflit provoque toujours plus de « déplacés »

Bogota, 6 mars 2008 (Apic) La sale guerre en Colombie provoque toujours plus d’évacués : 300’000 pour la seule année 2007, indique un rapport. Un document qui vient à point nommé au moment ou la politique du président Uribe et son intervention sur territoire de l’Equateur provoque de nouvelles tensions en Amérique latine.

« La stratégie a changé, il n’y a plus de grands massacres mais beaucoup d’homicides, les nouveaux paramilitaires essaient de contrôler les administrations locales avec de nouvelles armes et de nouveaux uniformes», a déclaré Jorge Rojas, directeur exécutif de la ’Consultoría para los derechos humanos y el desplazamiento’ (Codhes).

Selon lui, en 2007 le nombre de ’desplazados’ (déplacés) a augmenté de plus de 38% à cause du conflit, soit 300’000, pour un total de quatre millions de réfugiés internes. Malgré le processus de paix controversé entre le gouvernement et les escadrons de la mort d’extrême droite, qui a porté en théorie au « désarmement » de 30’000 hommes des Autodéfenses unies de Colombie (Auc), de nouvelles formations paramilitaires réorganisées en bandes criminelles continuent de provoquer la fuite forcée des ’campesinos’, afro-colombiens et indigènes des territoires dont ils veulent prendre le contrôle, indique Jorge Rojas.

A ce scénario s’ajoutent les affrontements entre les paras et la guérilla qui, avec des opérations militaires et celles de déracinement des cultures illégales, «provoquent des fuites de civils, des bombardements, la pose de mines et le recrutement d’enfants et de jeunes, ce qui est devenu le principal objectif des guérilleros pour pallier aux défections internes», a souligné Rojas. Dans ce contexte, les peuples indigènes colombiens sont décimés, dont sept «risquent l’extinction»: parmi ceux-ci le peuple Awa – avec 12 victimes en 2007 provoquées par les milices de droite et la guérilla – établi dans le département méridional de Nariño, à la frontière avec l’Équateur, considéré comme «le nouvel épicentre de la crise humanitaire colombienne, où sont en activité tous les acteurs armés du conflit». (apic/misna/pr)

6 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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