Le corps de l’archevêque chaldéen de Mossoul avait été enterré
Irak: Mgr Faraj Rahho, enlevé par des inconnus le 29 février, retrouvé mort
Mossoul, 13 mars 2008 (Apic) L’archevêque catholique chaldéen de Mossoul, Mgr Paulos Faraj Rahho, enlevé par des inconnus le 29 février, a été retrouvé mort. Le corps du prélat de 65 ans, qui était malade du coeur, a été enterré par ses ravisseurs près de la grande ville du nord de l’Irak. Ces derniers exigeaient une rançon dont le montant était passé d’un million à 3 millions de francs.
C’est l’évêque auxiliaire chaldéen de Bagdad, Mgr Shlemon Warduni, qui a révélé jeudi la triste nouvelle au service d’information de l’Eglise catholique italienne SIR. Mgr Rahho a été enlevé vendredi soir 29 février par des hommes armés au sortir de la célébration du chemin de croix à l’église du St-Esprit de Mossoul. Cette ville du Nord de l’Irak est sous la coupe de divers groupes terroristes sunnites qui veulent établir un Etat islamique.
La petite communauté chrétienne irakienne, déjà décimée par l’émigration en raison des menaces qui pèsent quotidiennement sur elle, est sous le choc. «C’est une grande croix pour notre Eglise, avant Pâques», a déclaré jeudi 13 mars Mgr Rabban Al-Qas, évêque chaldéen d’Amadiyah, au nord de l’Irak, à l’agence de presse catholique AsiaNews à Rome.
L’archevêque était gravement malade du coeur et avait besoin quotidiennement de médicaments. Notons que les terroristes s’en sont déjà pris aux chrétiens de la région de Mossoul, assassinant en juin dernier un jeune prêtre chaldéen, le Père Raghid Ganni, 35 ans, et trois sous-diacres. La moitié des chrétiens de Mossoul avaient déjà quitté la ville en automne dernier pour fuir les violences. «Les musulmans font la même chose», déclarait récemment Mgr Basile Georges Casmoussa, archevêque syro-catholique de Mossoul. Il n’y a pas que les chrétiens qui subissent cette violence quotidienne.
Le chauffeur de la voiture du prélat, et deux de ses gardes du corps, avaient été abattus lors de l’enlèvement de Mgr Rahho au soir du 29 février devant son église. Ce sont tous trois des chrétiens, et ils sont pères d’une famille de trois enfants. Ils ont été enterrés samedi 1er mars dans le cimetière de la localité chrétienne de Karamles, près de Mossoul.
Des responsables de la communauté musulmane irakienne s’étaient joints aux chefs de l’Eglise catholique en Irak pour tenter d’obtenir la libération de Mgr Paulos Faraj Rahho. Des imams avaient également lancé un appel pour que les ravisseurs relâchent le prélat malade. Ce dernier avait dénoncé dans le passé la persécution des chrétiens dans la ville de Mossoul et il avait déjà reçu personnellement des menaces. Il a été enlevé devant la même église où des assaillants ont abattu le Père Raghid Ganni et trois sous-diacres en juin dernier.
Selon des sources locales, la population de Mossoul – chrétiens et musulmans unis – sont épouvantés par cette nouvelle escalade de violence et ils ont tous prié pour la libération de l’archevêque. Mossoul, située à quelque 400 km au nord de Bagdad, est en grande partie aux mains des groupes terroristes sunnites qui contrôlent la majorité des quartiers. (apic/asian/misna/be)




