Un charisme ambigu
Lausanne: Le Père Marie-Dominique Philippe, dominicain, sur la sellette à la Radio romande
Lausanne, 28 mars 2008 (Apic) L’émission religieuse de la Radio Suisse Romande la 1ère, «Hautes fréquences», enquête, dimanche 30 mars 2008, sur la personnalité et l’oeuvre du père Marie-Dominique Philippe, dominicain, longtemps professeur de philosophie à l’Université de Fribourg, et fondateur de la Communauté Saint-Jean.
Fin février, la Communauté St-Jean avait organisé à Genève un colloque en hommage à son fondateur, le Père Marie-Dominique Philippe. Un homme qualifié de «philosophe ambitieux qui cherchait ardemment le vrai» par le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, lors de ses obsèques, le 2 septembre 2006. Mais certains éléments de sa personnalité semblaient manquer au portrait qu’en ont dressé ses adeptes. L’enquête de la Radio devrait apporter un nouvel éclairage. Les journalistes Jean-Christophe Emery, Catherine Erard et Fabien Hünenberger ont mené l’enquête sur la communauté Saint-Jean implantée notamment en France et à Genève et sur son fondateur. C’est un portrait en ombres et lumières qu’ils rapportent de leurs investigations.
Professeur charismatique
Né en 1912 dans le Nord de la France il entre à 18 ans chez les dominicains. Spécialiste de St-Thomas d’Aquin et d’Aristote, le père Philippe séduit par son charisme de nombreux étudiants, en particulier de jeunes Français venus tout exprès pour l’écouter à l’université de Fribourg où il enseigne jusqu’en 1982.
La force de persuasion et l’enthousiasme communicatif du professeur dominicain éclipsent souvent la rigueur d’analyse philosophique de certains de ses collègues. En 1975, il fonde la communauté des frères de St-Jean surnommé les «Petits-gris» en raison de la couleur de leur bure. Le mouvement prend rapidement de l’ampleur avec la fondation des soeurs contemplatives et des soeurs apostoliques. L’ordre compte aujourd’hui près de 900 religieux.
Un fondateur controversé
En 2000, l’évêque d’Autun, responsable de la communauté, rédige cependant une monition reprochant au Père Philippe d’exiger «une obéissance aveugle» à sa personne «comme s’il était lui-même le Seigneur» et épingle le culte de la personnalité dont il fait l’objet. L’enseignement quasi exclusif des textes de Marie-Dominique Philippe durant les années de formation des frères entraîne en 2001 le départ de cinq professeurs ordinaires.
Deux ans plus tard la communauté de St-Jean est même placée sous surveillance par le Vatican. Et la même année, fait rare dans l’Eglise catholique, Rome annule l’ordination à la prêtrise d’un ancien frère, une façon de reconnaître les pressions morales et spirituelles exercées sur lui.
L’image de Marie-Dominique Philippe reste aujourd’hui très ambiguë, tantôt décrit comme un saint, un fondateur au charisme exceptionnel, tantôt comme un homme au double langage, avec de grandes failles psycho-affectives.
L’émission «Hautes Fréquences» sur la 1ère présentera les résultats détaillés de cette enquête exclusive, le dimanche 30 mars 2008 de 20h00 à 21h00. (apic/com/js)




