Les Eglises font de la résistance

Ouganda: Projet gouvernemental de suppression de l’éducation religieuse dans les écoles

Kampala, 5 mai 2008 (Apic) Des responsables d’Eglise d’Ouganda s’opposent à une proposition gouvernementale visant à mettre fin à l’enseignement religieux dans les écoles. Il s’agit, disent-ils, d’un projet «inacceptable» pour un pays dans lequel l’enjeu principal est, selon eux, la morale.

«Inacceptable», a en effet martelé le pasteur Grace Kaiso, secrétaire exécutif du Conseil chrétien uni d’Ouganda (UJCC), cité par l’Agence oecuménique ENI. «Personne n’approuvera cette mesure, parce que le principal enjeu auquel nous sommes confrontés à l’heure actuelle concerne la morale, qu’il s’agisse de VIH et de SIDA ou de questions de gouvernance», a déclaré le pasteur Kaiso, dont le Conseil est constitué d’Eglises de tradition anglicane, orthodoxe et catholique.

Il y a quelques jours, le gouvernement a fait circuler un document au parlement proposant de confiner l’éducation religieuse au foyer et à l’Eglise. A travers ce document, l’Etat envisage également la suppression des subventions accordées aux écoles constituées comme établissements privés si elles continuent à demander des frais de scolarité.

«D’un point de vue stratégique et idéologique, il n’est pas du ressort du gouvernement de cautionner le maintien de l’enseignement religieux dans les écoles», indique la circulaire gouvernementale, citée par les médias locaux.

Le gouvernement ougandais a proposé que l’Eglise paie la location des locaux en échange des frais de scolarité perçus. Le gouvernement est également préoccupé par le fait que les écoles d’inspiration religieuse sont souvent réticentes à recruter des directeurs ne faisant pas partie de l’Eglise à laquelle l’école est liée.

«Nous allons étudier cette circulaire. Nous allons réagir, mais il est inacceptable que quiconque pense que l’enseignement religieux n’est pas important», a déclaré le pasteur. Plusieurs responsables politiques ougandais se sont mis d’accord avec certains responsables d’Eglise pour que l’éducation religieuse se poursuive dans ce pays d’Afrique centrale où près de 84 % des 31 millions d’habitants sont chrétiens et 12 % musulmans.

«Si l’on ne peut parler de Dieu que dans les foyers et les Eglises, alors nous allons droit vers un désastre moral», a mis en garde Jehoash Mayanja-Nkangi, chef de la Commission foncière du gouvernement ougandais, dans une déclaration reprise par le journal New Vision, détenu par l’Etat.

La devise nationale de l’Ouganda est «Pour Dieu et mon pays», mais selon certains observateurs, le rôle des institutions religieuses est en déclin depuis 1962, année où le pays a obtenu son indépendance du Royaume-Uni. (apic/eni/pr)

5 mai 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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