Migration et respect des valeurs

Paris: Le Conseil d’Eglises Chrétiennes en France et la présidence de l’Union européenne

Paris, 15 mai 2008 (Apic) Alors que la France s’apprête à prendre la présidence de l’Union Européenne, le Conseil d’Eglises Chrétiennes en France (CECEF) qui fêtait ses 20 ans le 14 mai, a demandé le respect «des valeurs issues de notre histoire» en matière de migration.

Le CECEF a en effet rappelé dans un communiqué son souhait de voir l’harmonisation des politiques migratoires se faire dans le respect des valeurs et des droits «qui ont fait de cette partie de notre planète un espace de prospérité, de liberté et de paix».

Nécessité de résorber le fossé Nord-Sud

Pour le CECEF, il ne peut y avoir de traitement durable de l’immigration sans véritable réduction des inégalités entre les pays du Nord et du Sud. Dans une économie mondialisée, l’Europe peut peser de tout son poids pour que se résorbent les distorsions de développement qui alimentent les flux migratoires. «S’ils pouvaient vivre dignement dans leur pays avec leurs familles, beaucoup n’émigreraient pas au péril de leur vie !», écrit le CECEF.

Le Conseil d’Eglises regrette que les politiques migratoires soient trop souvent perçues ou conduites de manière négative et répressive. «Nous espérons que le programme de la présidence française saura reconnaître et valoriser par des mesures et une approche positives, tout ce que les immigrés ont apporté et apportent à nos sociétés occidentales. Il s’agit de permettre cet équilibre dans la relation entre ceux qui arrivent et ceux qui accueillent, partenaires ici d’une même aventure humaine», écrit le CECEF.

Les sans papiers ne sont pas sans droit

Les personnes sans papiers ne sont pas sans droit: vivre en famille, accéder aux soins, scolariser ses enfants sont des droits fondamentaux qui doivent être respectés, estime le Conseil d’Eglises. «Le traitement administratif de leur situation, au regard du séjour, doit prioritairement tenir compte du respect de ces droits». Et de souligne que les éloignements contraints sont toujours une épreuve et un échec. «S’il faut y recourir cela ne doit se faire que dans le strict respect des valeurs issues de notre histoire», écrivent les Eglises, qui relèvent le climat de peur et ses conséquences, parfois dramatiques, qu’instille une politique systématique de reconduite aux frontières.

L’allongement de la durée de rétention, la banalisation de la privation de liberté, les perspectives d’interdiction de retour en Europe pour de longues durées, constituent autant de sujets de préoccupation, pour les Eglises chrétiennes en France. Le placement en rétention des personnes vulnérables, notamment des familles et des mineurs, est un sujet des plus sensibles. «Bien que ces personnes soient en principe protégées par la législation, le risque est grand de laisser s’institutionnaliser des pratiques d’arrestation et de rétention qui ont des conséquences lourdes, notamment sur les enfants et les adolescents». Les Eglises chrétiennes en France réaffirment que le droit d’asile est non seulement un droit fondamental mais aussi un devoir d’accueil et d’hospitalité.

Cet appel est signé par les co-présidents et le Conseil d’Eglises Chrétiennes en France, les présidents de la Conférence des évêques de France, de la Fédération protestante de France et l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. (apic/cecef/com/be)

15 mai 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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