Survol de l’horizon politique en terre africaine et asiatique

Rome: Benoît XVI a reçu 9 nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège

Rome, 29 mai 2008 (Apic) Le pape Benoît XVI a reçu en audience jeudi 29 mai, neuf ambassadeurs près le Saint-Siège venus lui présenter leurs lettres de créance, dont 6 diplomates africains. Les nouveaux ambassadeurs résidant hors de Rome représentent la Tanzanie, l’Ouganda, le Liberia, le Tchad, la Guinée, le Nigeria, le Bangladesh, la Biélorussie et le Sri Lanka.

Le pape, qui a adressé un discours général à l’ensemble des diplomates, a aussi remis à chacun un message particulier. Il y a abordé des sujets aussi variés que la construction européenne, le terrorisme, les diverses situations de conflit, le dialogue interreligieux et la répartition équitable des biens.

Dans un message remis à l’ambassadeur de Biélorussie près le Saint-Siège, Sergei F. Aleinik, Benoît XVI a appelé chaque nation européenne, «y compris la Biélorussie», à contribuer à «la construction d’une maison européenne commune dans laquelle les frontières sont vues comme lieux de rencontre et non comme des lignes de division, ou pire encore, comme des murs insurmontables». Le pape a aussi noté «le développement de bonnes relations de travail» entre l’Eglise et l’Etat depuis l’indépendance de la Biélorussie en 1991, tous deux, selon «leurs missions spécifiques», au «service de l’humanité».

Benoît XVI a exhorté les factions qui s’affrontent au Sri Lanka, le gouvernement et les Tigres Tamouls, à abandonner «le cycle de violence continu», à «lutter contre le terrorisme» et à ouvrir des «négociations franches et sincères, seul et unique moyen sûr pour achever la réconciliation et résoudre les problèmes qui ont empêché depuis longtemps la coexistence pacifique au Sri Lanka». Devant le nouvel ambassadeur sri lankais près le Saint-Siège, Tikiri Bandara Maduwegedera, le pape a aussi émis le voeu de voir les dirigeants du pays lutter contre le recrutement d’enfants dans des actions terroristes.

Culture de la paix à développer

Le pape a invité le Bangladesh, à travers son nouvel ambassadeur près le Saint-Siège, Debapriya Bhattacharya, à développer «une culture de paix» et à construire «une démocratie robuste et authentique» dans «le respect de la dignité humaine et des droits de l’homme». Il a souhaité que les dirigeants du pays «ouvrent la voie à un gouvernement stable et à la coexistence harmonieuse» et développent un «système éducatif essentiel à l’enracinement des démocraties».

Dans son message à l’ambassadeur du Liberia, Wesley Momo Johnson, le pape a exprimé la satisfaction du Saint-Siège après «la décision du Fonds monétaire international, en novembre dernier, de faire le nécessaire pour effacer la dette du pays», tout en soulignant qu’une bonne partie de la jeunesse du pays avait été «traumatisée par l’expérience de la guerre». Il a ainsi regretté que beaucoup de jeunes libériens aient été enrôlés comme enfants soldats et contraints «à abandonner leur éducation, ce qui a entraîné un abaissement du niveau de l’instruction au sein de la population».

Devant l’ambassadeur d’Ouganda près le Saint-Siège, Nyine S. Bitahwa, le pape a salué les «efforts» du pays pour «formaliser des accords de paix et mener à terme les longues années de guerre marquée par une violence cruelle et insensée». Le pape a aussi souhaité que prévale la «sécurité» afin que «toutes les personnes déplacées puissent retourner chez elles et reprennent une existence paisible et productive». Benoît XVI a aussi souligné que l’Eglise avait beaucoup travaillé dans le pays «dans le domaine de l’éducation, du développement et de la santé, particulièrement dans la lutte contre le virus du sida avec une attention spéciale à ceux qui sont contaminés et une politique de prévention réussie basée sur l’abstinence et la promotion de la fidélité dans le mariage».

Trafic d’armes et d’enfants

Le «rôle important» de la Tanzanie et de ses responsables politiques dans le processus de pacification de la région des Grands lacs et dans d’autres initiatives pacifiques internationales a été souligné par Benoît XVI. Devant Ahmada Rweyemamu Ngemera, nouvel ambassadeur tanzanien près le Saint-Siège, le pape a ainsi salué «l’hospitalité généreuse offerte, malgré des difficultés économiques internes, aux réfugiés qui fuient les hostilités des pays voisins». Mais Benoît XVI a aussi pointé du doigt «l’augmentation du trafic d’armes dans la région et l’interruption d’importantes initiatives de dialogue et de réconciliation». Il a alors exhorté «tous les responsables de la région à ne pas perdre confiance dans la valeur du dialogue et à explorer toutes les possibilités avec un esprit ouvert». Le pape a aussi souligné combien la Tanzanie pouvait être «fière» d’offrir «une coexistence harmonieuse entre différents groupes ethniques et religieux».

Le dialogue entre les religions était au coeur du message adressé à Hissein Brahim Taha, nouvel ambassadeur du Tchad. Benoît XVI a souligné que «la qualité des relations entre les communautés religieuses qui vivent au Tchad, particulièrement entre les chrétiens et les musulmans, est un élément important sur le chemin de la paix et de la réconciliation». «Chacun doit pouvoir exprimer sa foi sans crainte et suivre la voix de sa conscience dans le choix de sa religion», a expliqué le pape avant de se réjouir qu’au Tchad, «malgré les difficultés qui peuvent se présenter, les chrétiens et les musulmans cherchent à consolider des relations de respect et de compréhension réciproques». Le pape a également souhaité «que se réalise sans tarder une authentique réconciliation nationale» dans le pays et «que la solidarité internationale contribue à aider efficacement les personnes qui sont dans le besoin». Pour «consolider la stabilité et l’unité de la nation», Benoît XVI a expliqué que «le souci du bien commun impose de répartir avec justice et équité les richesses du pays».

«La qualité des relations entre les musulmans et les chrétiens» en Guinée a également été soulignée par Benoît XVI devant Alexandre Cécé Loua, nouvel ambassadeur de ce pays d’Afrique de l’ouest. Le pape a en outre relevé que «la solidarité entre tous les citoyens est une condition nécessaire et primordiale pour que la société puisse bénéficier des fruits d’un progrès réel et durable». «Toutefois, a-t-il mis en garde, pour préserver la paix sociale, il est du devoir de l’Etat d’assurer, par son engagement effectif, une gestion juste et équitable des biens matériels, dans le respect des droits légitimes de chacun, et de favoriser la bonne entente entre toutes les communautés humaines du pays».

Benoît XVI a enfin vanté le «dynamisme» du Nigeria dans «la lutte contre la corruption et le crime ainsi que pour la consolidation de la légalité». Devant le nouvel ambassadeur nigérian, Obed Wadzani, le pape a demandé aux responsables politiques et à «tous les professionnels dans les secteurs de l’économie, de la médecine, de la justice, les officiers de police et les juges, tous ceux qui luttent contre le crime et la corruption, de travailler ensemble pour la protection de la vie et de la propriété, aidés par la collaboration loyale des citoyens». «L’Eglise ne manquera pas d’apporter sa contribution, a assuré Benoît XVI, en offrant une éducation intégrale basée sur l’honnêteté, l’intégrité et l’amour de Dieu et du prochain». (apic/imedia/ami/hy/ms/pr)

29 mai 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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