Quelle visibilité de la religion dans l’espace public?
Bruxelles: Seconde rencontre consacrée à l’islam et au christianisme en Europe
Bruxelles, 30 mai 2008 (Apic) La deuxième rencontre de la série de Séminaires de Dialogue consacrés à l’islam, le christianisme et l’Europe, organisée par la CEC, la COMECE et la Fondation Adenauer, s’est tenue le 29 mai au Parlement européen, à Bruxelles.
Elle était consacrée à la question de la visibilité de la religion dans l’espace public, notamment les lieux de cultes et le port de symboles religieux. Une centaine de participants, élus et fonctionnaires des institutions européennes ou membres d’organisations et communautés religieuses, ont assisté au séminaire et participé au débat.
Avec la présence accrue de citoyens et résidents de confession musulmane dans nombre de pays européens, la question du port de symboles religieux a donné lieu à un débat de société dans plusieurs pays. Plus récemment, l’édification de lieux de culte musulmans est devenue une affaire publique et a suscité des résistances dans de nombreuses villes à travers l’Europe. Bien que les pays européens soient dotés de régimes juridiques garantissant la liberté religieuse, dont la liberté de culte, ceci pose la question de la visibilité de la religion dans l’espace public européen.
Face aux tentatives de bannir le port de signes religieux dans les lieux publics, le député européen László Surján (PPE-DE, Hongrie) a mis en garde contre un retour « dans les catacombes » des chrétiens et des autres croyants en Europe, à l’instar de ce qu’ont vécu les chrétiens d’Europe de l’Est durant les 40 années de dictature communiste.
Selon Mme Chantal Saint-Blancat, professeur de sociologie à l’Université de Padoue, l’érection de nouveaux lieux de culte bouleverse l’espace urbain qui nous était familier. Cela suscite des débats, voire des tensions, entre Musulmans d’un côté, riverains et autorités locales de l’autre, même si dans certains pays, notamment scandinaves, l’édification de mosquées semble se passer plutôt dans la conciliation. Elle estime cependant que de ces tensions peuvent émerger des opportunités : la reconnaissance mutuelle des communautés, l’occasion pour les Musulmans de comprendre le contexte sécularisé européen, enfin la possibilité de transformer l’espace urbain en « arène d’expérimentation du pluralisme » pour nos sociétés multiculturelles.
La révérende Berit Schelde Christensen, de l’Eglise évangélique luthérienne (Danemark), a pour sa part rappelé que les religions contribuent à la cohésion de la société et que la construction de lieux de culte était importante pour accueillir la quête de sens de nos concitoyens.
Rejetant l’extrémisme religieux comme l’extrémisme laïciste, l’imam Yahya Sergio Pallavicini, vice-président de la Communauté religieuse islamique d’Italie, a appelé à développer une culture du pluralisme religieux. Rappelant que la plupart des grandes mosquées actuellement construites dans les capitales européennes sont financées par l’Arabie Saoudite, il a formé le voeu que les mosquées demeurent des lieux de culte et non des lieux d’influence politique. Le prochain séminaire aura lieu le 3 juillet au Parlement européen sur le thème «Europe chrétienne» et Islam en Europe. (apic/com/pr)




