Rappel de la responsabilité éthique des dirigeants

Rome: Le pape invite le Cameroun et l’Afrique centrale à mettre fin aux conflits ethniques

Rome, 16 juin 2008 (Apic) Benoît XVI a invité l’Afrique centrale à mettre fin aux conflits ethniques et sociaux en recevant en audience Antoine Zanga, nouvel ambassadeur du Cameroun près le Saint-Siège, le 16 juin 2008 en milieu de journée. Le pape, qui a rappelé que l’Eglise était souvent victime de ces conflits, a aussi souhaité que les fidèles catholiques et leurs responsables soient toujours plus impliqués dans la vie de leur nation.

Devant le diplomate venu lui présenter ses lettres de créance, le pape a ainsi évoqué la «croissance du nombre de réfugiés venant des contrées voisines» au Cameroun, avant d’inviter «les nations de la région à répondre toujours plus aux exigences de sécurité et de paix, pour faire face aux différents foyers de violence, dont l’ensemble de la population innocente, et l’Eglise elle-même, sont malheureusement souvent les victimes». Benoît XVI a alors rappelé «le décès tragique» de trois religieux : Mgr Yves Plumey (en 1991), le père jésuite Engelbert Mveng (en 1995), et le frère Anton Probst (en 2003).

Le pape a alors affirmé que l’un des «devoirs fondamentaux des responsables politiques» était «sans aucun doute d’offrir à leurs concitoyens une situation sociale pacifiée et la concorde, s’attachant à mettre fin aux tensions et aux mécontentements qui engendrent régulièrement des conflits, pour faire prévaloir le dialogue et le respect de la légitime diversité culturelle entre les groupes sociaux et ethniques, pour construire et unifier la nation».

Par la suite, Benoît XVI a appelé «toutes les personnes impliquées dans la vente ou dans le trafic des armes, avec des intérêts souvent très lucratifs, à s’interroger sur ce qu’engendrent leurs comportements».

Devant l’ancien ministre camerounais, le pape a demandé aux «pasteurs et aux fidèles de l’Eglise catholique» qu’ils soient «toujours davantage partie prenante de la «res publica», avec tous leurs frères, faisant rayonner les valeurs humaines et chrétiennes fondamentales pour la gestion de la vie sociale, pour le développement de la nation et pour le bien-être de tous».

Alors que l’Afrique «souffre tout particulièrement de la conjoncture économique actuelle», Benoît XVI a invité chaque nation du continent à «rechercher la stabilité économique et sociale, s’attachant sans cesse à s’organiser par ses propres moyens et dans le respect de ses propres institutions». «Il lui revient, a ainsi expliqué le pape, de favoriser les micro-projets qui engagent localement des hommes et des femmes, ainsi que de lutter efficacement contre les trafics illicites et les phénomènes de corruption».

Le pape a alors invité «tous les Camerounais à avoir une conscience toujours plus aiguisée du bien commun». Il a aussi souhaité que «la communauté internationale, par des aides appropriées et bien ciblées, de même que par une politique économique à l’échelle mondiale, puisse contribuer à rompre le cercle vicieux du sous-développement et de la pauvreté extrême».

Pays d’Afrique centrale, le Cameroun compte quelque 40 % de chrétiens dont une majorité de catholiques, autant de fidèles des religions traditionnelles et 20 % de musulmans. Le nouvel ambassadeur, Antoine Zanga, âgé de 60 ans, était ministre des postes et télécommunications de 2004 à 2008, après avoir été ministre de la ville de 1997 à 2000. Par ailleurs, il a longtemps travaillé au cabinet de la Présidence de la République. (apic/imedia/ami/js)

16 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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