Rome: Le Vatican confirme la «main tendue» du pape aux Lefebvristes

Pas de remise en question de la reconnaissance de Vatican II

Rome, 25 juin 2008 (Apic) Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a confirmé la «main tendue» par Benoît XVI aux fidèles traditionalistes de la fraternité schismatique Saint-Pie X, dans une déclaration le 25 juin 2008 au quotidien français La Croix. Le Père Federico Lombardi a cependant précisé que cette proposition de «retour dans la communion» 20 ans après le schisme de juin 1988 ne remettait pas en question la reconnaissance du Concile Vatican II (1962-1965) et de la réforme liturgique post-conciliaire.

«La reconnaissance du Concile Vatican II comme véritable Concile oecuménique de l’Eglise et la reconnaissance de la validité de la messe célébrée selon la liturgie rénovée après le Concile ne sont absolument pas remis en question», a ainsi indiqué le Père Federico Lombardi.

La veille, le vaticaniste du quotidien italien «Il Giornale», Andrea Tornielli, avait révélé les conditions posées par le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission «Ecclesia Dei», en charge du dossier des Lefebvristes, à Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, en vue d’une levée de l’excommunication de 1988. Les cinq conditions n’évoquaient pas explicitement le Concile Vatican II et la liturgie, mais demandaient de respecter la personne du pape et d’éviter «la prétention d’un magistère supérieur» à celui du souverain pontife.

Dans sa déclaration, le porte-parole du Saint-Siège a précisé que les cinq points cités par Andrea Tornielli «concernent les conditions minimales pour qu’il puisse y avoir un rapport caractérisé par le respect et la disponibilité à l’égard du Saint Père et par un esprit ecclésial constructif». Selon lui, «ils sont donc d’une autre nature, et c’est pour cela qu’ils ne font pas référence au Concile et à la liturgie, et non parce que ces deux arguments ne seraient plus fondamentaux».

Il est évident que le pape souhaite tendre la main pour qu’un retour dans la communion soit possible, a encore indiqué le Père Federico Lombardi. Il a précisé que pour que ces pas nécessaires puissent être réalisés, il faut que cette offre – cette «main tendue» – soit reçue avec une attitude et un esprit de charité et de communion. Ainsi, a-t-il conclu, «c’est à cela qu’invitent les cinq points cités».

La lettre du cardinal Dario Castrillon Hoyos, portant la date du 4 juin 2008 et dont l’agence I.MEDIA a eu une copie, comporte ainsi 5 conditions pour préparer la pleine réintégration des membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X dans le giron de l’Eglise :

«1. L’engagement d’une réponse proportionnée à la générosité du pape.

2. L’engagement d’éviter toute intervention publique qui ne respecte pas la personne du Saint-Père et qui serait négative pour la charité ecclésiale.

3. L’engagement d’éviter la prétention d’un magistère supérieur au Saint-Père et ne pas proposer la Fraternité en contraposition à l’Eglise.

4. L’engagement à démontrer la volonté d’agir honnêtement en toute charité ecclésiale et dans le respect de l’autorité du Vicaire du Christ.

5. L’engagement de respecter la date – fixée à la fin du mois de juin – pour répondre positivement. Cela sera une condition requise et nécessaire comme préparation immédiate à l’adhésion pour accomplir la pleine communion».

Le vaticaniste Andrea Tornielli a en outre précisé dans un deuxième temps que les conditions de Rome ne sont pas posées aux fidèles de feu Mgr Marcel Lefebvre en général mais bien à leur supérieur, Mgr Fellay. Celui-ci, fait-on aussi remarquer à Rome, «démontre une volonté de dialogue lors des rencontres, mais publie ensuite de dures attaques contre le pape». Ces cinq conditions sont donc, pour le Saint-Siège, «une démarche préalable pour parvenir à lever l’excommunication». (apic/imedia/ami/be)

25 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!