Ordination de femmes et question sur l’homosexualité divisent
Londres: L’Eglise anglicane dans la tourmente
Londres, 1er juillet 2008 (Apic) Le monde anglican est dans la tourmente. Après la réunion de Jérusalem, qui a évité la scission, mais pas la division, la consécration de femmes évêques revient sur le tapis. Comme pose problème aux anglicans la question sur l’homosexualité.
La Conférence de Lambeth, qui se tient tous les dix ans, et s’ouvrira en juillet en Angleterre, risque fort d’être animée. Surtout que de nombreux évêques ont d’ores et déjà annoncé leur non participation.
Selon l’Agence France presse, plus de 13’000 religieux anglicans, dont 11 évêques, ont adressé une lettre à l’archevêque de Canterbury et celui de York dans laquelle ils menacent de faire défection si les femmes sont consacrées évêques.
Citant une copie de la lettre, un quotidien britannique cité par l’AFP rapporte que ses signataires, parmi lesquels on compte 60% officiants, n’accepteront cette nouvelle mesure concernant les femmes que si ces dernières officient séparées des hommes.
En décembre dernier, la révérende Janet Henderson, avait été nommée première femme archidiacre de l’Eglise anglicane. Agée de 49 ans, elle est la responsable de 108 paroisses dans le Nord de l’Angleterre. Cette femme prélat est ainsi la première à être ordonnée archidiacre dans l’Eglise d’Angleterre.
Les problèmes pour l’Eglise anglicane ne s’arrêtent pas à cette seule question. Le millier de responsables anglicans réunis à Jérusalem pour la Conférence mondiale sur l’avenir des anglicans (GAFCON) a certes écarté l’idée d’une rupture totale avec la Communion anglicane mondiale. Il a toutefois convenu d’établir son propre réseau mondial afin d’éviter ce qu’il qualifie de manquement à la tradition biblique anglicane.
Dans la déclaration finale, rendue publique au terme de la GAFCON, réunie du 22 au 29 juin, les participants ont déclaré qu’un «réarrangement majeur s’est produit et va continuer d’avoir lieu» au sein de l’anglicanisme.
La GAFCON a été convoquée par un groupe d’archevêques et d’évêques essentiellement d’Afrique et d’Australie, suite à un désaccord intervenu au sein de la Communion anglicane, qui compte 77 millions de membres. En 2003, en effet, l’Eglise épiscopale (anglicane) des Etats-Unis avait consacré V. Gene Robinson, père divorcé ouvertement homosexuel, en tant qu’évêque de l’Etat du New Hampshire.
Les responsables réunis à Jérusalem ont déclaré que l’Eglise était confrontée à un «épisode critique», pendant lequel le Conseil des primats devra élaborer des structures pour «diriger et soutenir» l’Eglise.
«Notre groupe ne rompt pas avec la Communion anglicane», a indiqué la GAFCON dans sa déclaration finale. «Mais tout en reconnaissant la nature de Cantorbéry en tant que siège historique, nous n’acceptons pas que l’identité anglicane soit forcément déterminée à travers la reconnaissance de l’archevêque de Cantorbéry».
Le boycott de Lambeth
Beaucoup des quelque 300 évêques ayant assisté à la GAFCON ont déclaré qu’ils ne participeraient pas à la Conférence de Lambeth, qui, tous les dix ans, réunit les évêques anglicans du monde entier, et qui s’ouvre en juillet en Angleterre. Ils affirment ne pas souhaiter participer à une réunion où seraient présents ceux qui ont consacré l’évêque Robinson, alors même que l’évêque du New Hampshire lui-même n’a pas été invité à la Conférence de Lambeth.
Cependant, bien qu’il n’ait pas répondu aux attentes, Rowan Williams reste l’archevêque de Cantorbéry, a déclaré lors d’une conférence de presse du 29 juin l’archevêque de l’Ouganda Henry Orombi.
«Nous ne renversons pas Rowan aujourd’hui, mais l’accent est mis sur le fait que ’Nous nous sommes réapproprié notre mission’», a expliqué l’archevêque Orombi. (apic/ag/eni/arch/pr)




