Amérique latine: Le Parlatino rejette la «directive du retour» du Parlement européen

Les pays latinos unis pour condamner

Lima, 1er juillet 2008 (Apic) Le président du parlement latino-américain (Parlatino), Jorge Pizarro, a rejeté la directive dite du retour prise le 18 juin par le Parlement européen. Il condamne «l’expulsion d’immigrés dépourvus de papiers et le fait qu’ils puissent être détenus jusqu’à 18 mois sans mandat judiciaire criminalisera l’immigration aux dépens de millions de Latino-américains».

Il a en outre annoncé une réunion de l’organisme régional les 3 et 4 juillet prochains à Santiago, au Chili, sur ladite «Directive du retour», récemment approuvée par le parlement européen.

«La décision de l’Europe jette dans l’insécurité et l’instabilité sociale, humaine et psychologique des millions d’immigrés latino-américains qui ne représentent aucun problème ou danger pour la société européenne», a ajouté M. Pizarro, rappelant que «les personnes émigrent par nécessité et que le moins que puisse faire l’État qui les accueille est de garantir leurs droits minimums».

Le Parlatino, a poursuivi Pizarro, exigera la révision des mécanismes disposés par le parlement européen afin d’»éliminer leur caractère répressif et leur optique limitée, comme si l’émigration était un problème juridique et non pas un phénomène mondial».

Le système d’intégration centre-américaine (Sica), qui a tenu le week-end dernier son 32ème Sommet à San Salvador, a lui aussi exprimé son inquiétude au sujet d’une directive «qui viole les droits de l’homme et la dignité des personnes».

Colère en Amérique latine

Le vote des eurodéputés, le 18 juin, sur l’expulsion des sans-papiers a déclenché un profond sentiment d’injustice et de colère en Amérique latine, qui a reçu pendant des siècles des vagues d’immigrés venus du Vieux continent.

Le président équatorien Rafael Correa a prôné un front commun pour protester contre «la directive de la honte». Le président bolivien Evo Morales a proposé jeudi à l’Afrique de se joindre à ce combat pour obtenir le retrait d’une loi qui «porte atteinte à la vie et aux droits des personnes».

Le Vénézuélien Hugo Chavez a de son côté menacé de ne plus fournir de pétrole aux pays européens et riposter par le «retour de leurs investissements». (apic/ag/misna/arch/ts/pr)

1 juillet 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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