Roumanie: Un prélat orthodoxe «pardonné» après avoir communié avec des catholiques

Polémique et malaise au sein des orthodoxes roumains

Bucarest, 3 août 2008 (Apic) L’Eglise orthodoxe roumaine a «pardonné» à un prélat d’avoir communié avec des catholiques. Ce fut l’occasion, pour l’Eglise orthodoxe roumaine de rappeler à ses membres qu’ils ne devaient pas accepter les sacrements d’autres confessions, après avoir accordé son «pardon» à un archevêque d’avoir reçu la communion au cours d’une liturgie catholique.

«Il n’est permis à aucun hiérarque (évêque), prêtre, diacre, moine, moniale ou laïc de l’Eglise orthodoxe roumaine de communier dans une autre Eglise chrétienne», a souligné le bureau de presse du patriarcat de Bucarest dans une déclaration, en ajoutant que ceux qui désobéissent au décret «perdent la communion de foi avec l’Eglise orthodoxe».

Cette déclaration fait suite à la réunion du Saint Synode où le métropolite du Banat, Nicolae Corneanu, s’est expliqué sur les raisons qui l’ont poussé à communier lors de la consécration d’une nouvelle église gréco-catholique dans la ville de Timisoara.

Le métropolite Nicolae Corneanu avait surpris les paroissiens lors de la consécration de cette Eglise catholique le 25 mai dernier, lorsqu’il s’était avancé pour recevoir la communion.

Rapports tendus

Dans cette déclaration de l’Eglise orthodoxe roumaine, il est précisé que le Synode a «désapprouvé les gestes non canoniques» du métropolite, âgé de 83 ans, ainsi que de l’évêque Sofronie d’Oradea qui a concélébré un office de l’Epiphanie en janvier dernier avec son homologue gréco-catholique, Virgil Bercea. Par ailleurs, ces deux actes ont «produit des troubles au sein de l’Eglise», mais les membres du Synode prennent également «note de leur regret et de leur pénitence, accueillis comme un premier signe de correction «.

Les rapports interconfessionnels sont tendus depuis longtemps entre les gréco-catholiques qui allient la liturgie orientale et leur attachement à Rome et l’Eglise orthodoxe qui est majoritaire dans le pays. Cette tension porte sur le refus des orthodoxes de restituer des églises gréco-catholiques qui avaient été prises en 1948 lorsque le régime, alors communiste, avait frappé d’interdiction cette Eglise implantée en Transylvanie.

L’Eglise orthodoxe regrouperait 87 % de fidèles en Roumanie, un pays qui compte 22 millions d’habitants. (apic/eni/pr)

3 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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