Vraisemblablement victime de fanatiques hindous

Inde: Funérailles du jeune prêtre carme assassiné samedi dernier dans l’Andhra Pradesh

Balampilly, 20 août 2008 (Apic) Le Père Thomas Pandippallyil a été enterré mercredi 20 août à la Maison provinciale des Carmes de Marie Immaculée (CMI) à Balampilly, dans l’Etat indien de l’Andhra Pradesh. Le religieux carme âgé de 38 ans a été assassiné de façon bestiale samedi 16 août à Mosalikunta, sur la route qui relie Lingampet à Yellareddy, à environ 90 km du chef lieu du district, non loin du village de Balampilly.

Ce jeune prêtre originaire du Kerala était très actif dans le domaine de l’éducation. Il avait rejoint la mission CMI de Chanda en juin 1987, avant d’être ordonné prêtre en 2002. Il était le recteur de la province missionnaire de Chanda et travaillait comme administrateur d’un hôpital et d’une école, tout en dirigeant le centre missionnaire des CMI.

Croissance des attaques brutales contre les chrétiens

Le Conseil global des chrétiens d’Inde (Global Council of Indian Christians – GCIC) s’est dit profondément inquiet du nombre croissant d’attaques brutales contre les chrétiens d’Andhra Pradesh, notamment à Nizambad. Ces 8 derniers mois, on a enregistré 27 attaques graves contre des chrétiens dans cet Etat du sud-est de l’Inde.

Le GCIC demande au gouvernement d’Andhra Pradesh et au gouvernement central à New Delhi d’augmenter les mesures de protection en faveur des chrétiens et de leurs propriétés en Andhra Pradesh. Le Conseil affirme que des extrémistes religieux hindous essaient de détruire toutes les initiatives entreprises par les communautés chrétiennes pour donner plus de pouvoir aux communautés socialement et économiquement marginalisées d’Andhra Pradesh.

Mgr Marampudi Joji, archevêque catholique de Hyderabad, capitale de l’Andhra Pradesh, a dénoncé un climat croissant de «violence contre les catholiques» en Inde. Il a qualifié le Père Thomas Pandippallyil de «martyr qui a sacrifié sa propre vie pour les pauvres et les marginalisés». Il n’est pas mort en vain, «parce que son corps et son sang féconderont l’Eglise indienne, et en particulier celle de l’Andhra Pradesh».

La Fédération des Eglises de cet Etat indien méridional a également exprimé son indignation et demandé aux responsables locaux d’intervenir à l’encontre des groupes armés qui opèrent dans la zone. Dans une interview accordée à «L’Osservatore Romano», le quotidien du Saint-Siège, Mgr Marampudi avance l’hypothèse selon laquelle le Père Pandippallyil a été tué parce que les missionnaires catholiques sont du côté des pauvres dans cette région où existe encore une forme d’esclavage dans le domaine de la culture de la terre. Les agriculteurs, a ajouté le prélat, ne se voient reconnaître aucun droit par les propriétaires fonciers qui se servent de bandes d’hindous fanatiques pour se venger de quiconque essaie d’améliorer les conditions de vie de la population rurale.

Dans cette région, le fanatisme d’inspiration hindouiste n’utilise la religion que comme prétexte pour commettre des crimes atroces, constate l’archevêque. «Entre nous, catholiques et religieux hindous modérés, dit-il, il n’y a aucune différence lorsque le dialogue concerne les valeurs de l’esprit. Mais les différences sont engendrées par ceux qui usent de prétextes pseudo-religieux à des fins personnelles, a précisé Mgr Marampudi (apic/misna/asian/be/ts)

20 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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