Le Saint-Siège invite à l’abolition totale de la peine de mort

Rome: Intervention du Vatican au 3e Congrès des ministres de la justice

Rome, 29 septembre 2008 (Apic) Rome: Intervention du Vatican au 3e Congrès des ministres de la justice, au cours du 3e Congrès international des ministres de la justice, tenu lundi à Rome.

Tout en saluant la proposition onusienne de moratoire contre la peine de mort (décembre 2007), Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, a invité les gouvernements à abolir «totalement» la peine capitale.

Au cours du 3e congrès international des ministres de la justice organisé par la communauté Sant’Egidio, une rencontre dite «du moratoire à l’abolition de la peine capitale», et qui a porté sur les perspectives de lutte contre la peine de mort dans le monde et pour son abolition, Mgr Marchetto a relevé que l’Eglise catholique salue «avec grande espérance la mobilisation internationale dont l’objectif est d’annuler tous les règlements juridiques et étatiques de la peine capitale».

Mgr Marchetto s’est cependant dit conscient «de la complexité de la chose et de la nécessité de procéder de manière graduelle».

«Nous suivons avec intérêt non seulement les décisions que les Etats prennent dans ce domaine, a commenté le prélat, mais aussi l’application de la proposition de moratoire des exécutions, qui a mené en décembre 2007 à une publication et à des sanctions importantes de la part de l’Assemblée générale des Nations unies».

Pour Mgr Marchetto, il s’agit «d’un tournant radical et d’une occasion extraordinairement opportune offerte à tous les gouvernements, même à ceux qui manifestent des difficultés et des résistances à éliminer totalement cette peine».

Aux yeux du prélat, le moratoire apparaît comme le premier pas nécessaire pour ces pays qui ont besoin de se doter d’instruments juridiques appropriés et d’offrir des racines plus profondes (…) à une culture de vie (…) malgré des menaces continues et des dérives violentes.

L’Eglise la condamne

Le secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement a encore rappelé que l’Eglise catholique «condamne ouvertement» la peine capitale. Affirmant qu’un «homme et une femme qui se sont trompés, qui ont commis un crime, aussi atroce soit-il, doivent avoir la possibilité d’être pardonnés, tout en subissant une grave peine réparatrice».

Le 18 décembre 2007, le Saint-Siège avait fait part de sa satisfaction après l’adoption par les Nations unies, à New York, d’une résolution appelant à un moratoire sur la peine de mort. L’Assemblée générale de l’Onu avait ainsi estimé que «l’application de la peine de mort porte atteinte à la dignité humaine et qu’il n’y a pas de preuve irréfutable que la peine de mort a un effet dissuasif et que toute erreur judiciaire dans l’application de la peine de mort est irréversible et irréparable». (apic/imedia/ms/pr)

29 septembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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