Lutter contre le fondamentalisme des sectes

Rome: Les évêques réunis en Synode insistent sur la qualité des homélies

Rome, 8 octobre 2008 (Apic) Le Synode des évêques sur «la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise» réuni pour trois semaines au Vatican depuis le 6 octobre est particulièrement attentif à améliorer la qualité des prédications. Il s’agit pour beaucoup de prélats de mieux proposer les Ecritures saintes, mais aussi de lutter contre le fondamentalisme des sectes.

Interrogé par I.MEDIA, le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec, a indiqué que «la proclamation de la Parole» avait «occupé l’espace le plus important» dans les premières discussions. Les pères synodaux ont essentiellement évoqué «les homélies et leur qualité, l’importance d’être à l’écoute de la Parole de Dieu afin de pouvoir mieux la communiquer». Le rapporteur général du Synode des évêques s’est également dit «frappé par l’atmosphère d’ouverture et de simplicité, par la qualité des interventions». Concernant la qualité des prédications, le cardinal Ouellet a par ailleurs confié qu’il espérait que le Synode aboutirait à la réalisation d’un guide pour la rédaction des homélies.

Des homélies de qualité

A son tour, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, a confié à I.MEDIA que l’homélie devait être «bien préparée car elle est souvent la seule occasion qu’ont beaucoup de chrétiens pour entrer en contact avec la Parole de Dieu». Il convient ainsi, a-t-il insisté, de «donner une bonne catéchèse sur une saine interprétation de l’Ecriture sainte contre l’interprétation erronée des sectes».

Pour Mgr Monsengwo, secrétaire spécial du Synode, «l’homélie doit en effet aider les fidèles à intérioriser la Parole de Dieu pour pouvoir la vivre, car le tout n’est pas d’écouter mais aussi d’intérioriser et ensuite de témoigner». Le 7 octobre, devant le Synode, l’archevêque de Kinshasa avait dénoncé «la prolifération cancéreuse des sectes de tous genres et aux motivations les plus diverses» en fustigeant «leur doctrine (…) généralement basée sur une interprétation fondamentaliste de l’Ecriture sainte».

Dans la soirée du 7 octobre, dans la salle du Synode, Mgr Desiderius Rwoma, évêque de Singida en Tanzanie, a aussi affirmé que le «phénomène des sectes religieuses» qui se développe «à une vitesse préoccupante dans de nombreuses parties du monde» pouvait être causé par «l’absence d’une prédication bonne et adaptée de la part des prêtres».

Résister aux tsunamis de la culture moderne

Quant à Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis (Ile Maurice), il a estimé que les «sociétés de ’chrétienté’» avaient eu «tendance à prendre la foi pour acquise», l’Eglise y jouissant «d’une certaine sécurité». «Faute de prendre appui sur le Roc de la Parole, l’édifice doctrinal et moral devient comme une maison construite sur le sable et résiste mal aux tsunamis de la culture numérique moderne», a-t-il alors prévenu.

Mgr Orlando Quevedo, archevêque de Cotabato (Philippines), secrétaire général de la Fédération de la Conférence des évêques d’Asie, a évoqué un continent riche «d’une mosaïque splendide de cultures et de religions» mais aussi un «continent de pauvres, de déséquilibres économiques et politiques, de divisions ethniques et de conflits». «Notre sens profond de la transcendance et de l’harmonie est érodé par une culture séculière et matérialiste globalisante», a-t-il regretté avant de parler de la communauté chrétienne qui, malgré sa «petitesse», «défie de manière efficace la culture moderne du sécularisme et du matérialisme». (apic/imedia/ami/ms/bb)

8 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!