La présence du directeur général de Nestlé Suisse contestée
Suisse: Opposition à la nomination de Roland Decorvet au conseil de fondation de l’Eper
Zurich, 8 octobre 2008 (Apic) L’élection en juin dernier par les délégués de la Fédération des Eglises Protestantes de Suisse (FEPS) de Roland Decorvet, directeur général de Nestlé Suisse, au conseil de fondation de l’Entraide protestante suisse (Eper), ne fait pas l’unanimité. La communauté de travail alémanique des chargés cantonaux de la coopération au développement des Eglises évangéliques réformées (OeME – Oekumene Mission Entwicklung) parle ainsi d’incompatibilité institutionnelle.
La communauté de travail déclare dans une lettre ouverte au Conseil de la FEPS et à son président, le pasteur Thomas Wipf (Cf. www.oeme.ch), et au président de l’assemblée des délégués de la FEPS, le pasteur Raymond Bassin, vouloir ouvrir une discussion sur cette nomination. Elle affirme que cette élection représente un gain d’image pour Nestlé, mais par contre une perte de confiance pour l’Eper, l’oeuvre d’entraide des Eglises protestantes suisses.
En parlant d’incompatibilité institutionnelle, la communauté de travail mentionne par exemple la volonté de Nestlé de privatiser l’eau potable et les problèmes du droit du travail que rencontrent les employés de Nestlé en Colombie. La FEPS, rappelle la communauté de travail, a signé une charte oecuménique de l’eau, qui stipule qu’elle est «un bien commun, qui ne saurait être privatisé». L’Eper s’est engagée par ailleurs avec la coordination des ONG pour le développement «Alliance Sud» contre la privatisation de l’eau et les droits du travail des employés de Nestlé Colombie. La FEPS avait fait savoir que M. Decorvet, fils et petit-fils de pasteur, «s’engage dans l’oeuvre d’entraide à titre personnel».
Interrogé en juin dernier par le quotidien «Le Courrier», Simon Weber, porte-parole de la FEPS, a souligné que M. Decorvet «apportera à l’Eper ses compétences en management et en finances alors que le marché de l’entraide devient de plus en plus concurrentiel. Il ne vient pas en sous-marin, il n’est pas là pour abuser d’éléments confidentiels. L’Eper et la FEPS gardent toute leur liberté de critiquer Nestlé le cas échéant.» (apic/oeme/be)




