Paris: Le Père Patrick Desbois a reçu le Prix de l’Amitié judéo-chrétienne

Pour ses recherches sur la «Shoah par balles» en Ukraine

Paris, 12 octobre 2008 (Apic) Le Père Patrick Desbois, secrétaire du Comité épiscopal français pour les relations avec le judaïsme, a reçu le Prix de l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF) pour ses recherches sur la «Shoah par balles» en Ukraine. La distinction lui a été remise lundi 6 octobre au Collège des Bernardins, à Paris, en présence de 350 invités.

Depuis deux décennies, l’AJCF remet alternativement tous les ans à une personnalité juive et une personnalité chrétienne un prix pour tout ce que cette personne a pu faire dans sa vie pour réconcilier juifs et chrétiens et travailler au dialogue judéo-chrétien, relève Bruno Charmet, directeur de l’AJCF.

L’AJCF a décidé de décerner ce prix au Père Patrick Desbois en reconnaissance pour son travail de recherches effectué avec son équipe en Ukraine où il a recueilli pendant près de huit ans, le récit des témoins, pour la plupart des jeunes enfants à l’époque, de ce qu’on appelle la «Shoah par balles». Depuis l’an 2000, en effet, le Père Patrick Desbois, prêtre du Prado, se voue à une tâche douloureuse: découvrir, dans l’ex-URSS, les fosses communes où les nazis ont enfoui les corps de centaines de milliers de juifs et de tziganes fusillés durant la guerre.

Le Grand rabbin Gilles Bernheim, vice-président de l’AJCF, soulignant le travail de rencontres entre le peuple juif et le peuple chrétien, a rappelé que le Père Desbois est «le pèlerin» de ces rencontres, qui peuvent porter leurs fruits y compris dans le domaine spirituel et théologique. Hubert Heilbronn, le fondateur du Prix de l’Amitié judéo-chrétienne en 1988, lui a remis la distinction à l’occasion de ce 20e anniversaire. Richard Prasquier, président du CRIF, a relevé que le Père Desbois continuait ses recherches aujourd’hui en Biélorussie et en Russie.

Bruno Charmet a encore présenté le livre du Père dominicain Bernard Dupuy, ancien secrétaire du Comité épiscopal français pour les relations avec le judaïsme entre 1969 et 1987, intitulé «40 ans d’études sur Israël. Pensées juives et pensées chrétiennes en dialogue» (Ed Paroles et silence). C’est ouvrage est une approche des grands penseurs sur la Shoah et le scandale du mal. Le cardinal Lustiger a d’ailleurs contribué au choix des textes paraissant dans le livre.

Les relations avec le judaïsme s’ouvrent sur une nouvelle étape

Rappelons que le Père Patrick Desbois est l’actuel secrétaire du Comité épiscopal des évêques de France pour les relations avec le judaïsme, devenu depuis le Service national des évêques de France pour les relations avec le judaïsme. Consultant auprès du Vatican, il est également président de l’association Yahad – In Unum, qui mène des recherches en Ukraine sur les victimes juives des Einsatzgruppen pendant la deuxième guerre mondiale.

Le Service national pour les relations avec le judaïsme est né après le Concile Vatican II. Son actuel directeur travaille sous la responsabilité du Conseil pour l’unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme, présidé par Mgr Maurice Gardès, archevêque d’Auch. Fondé par le Père Bernard Dupuy, cet organisme a ensuite été inséré au sein de la Conférence épiscopale.

Au cours de son histoire, le rôle du service a varié. Il a d’abord contribué à résoudre des conflits entre l’Eglise catholique et le judaïsme, Ce fut le cas lors de la polémique engendrée par le carmel d’Auschwitz, puis lors de l’affaire Touvier.

Mais désormais s’ouvre une nouvelle étape, précise le Père Desbois. Il s’agit plutôt de chercher à tracer des chemins de rencontre théologiques ou éthiques, ou à prendre des décisions conjointes sur des questions de société. L’autre mission du Service consiste à former les quarante-huit responsables diocésains des relations avec le judaïsme nommés par les évêques en leur apportant une nourriture intellectuelle et spirituelle afin qu’ils soient plus à même d’exercer leur charge. Le Service a pour tâche de favoriser, au sein de l’Eglise catholique, la sensibilisation au monde juif, et de promouvoir la connaissance mutuelle entre juifs et catholiques, par des rencontres et par la formation, ainsi que de veiller à faire connaître la juste place du peuple juif dans l’histoire du Salut. (apic/com/be)

12 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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