Tous les milieux politiques reconnaissent ses mérites

France: Les hommages ont afflué après le décès de Soeur Emmanuelle

Paris, 21 octobre 2008 (Apic) Soeur Emmanuelle a visiblement rassemblé un très large spectre de reconnaissance autour de sa personne et de son action. Les hommages de tous bords, religieux, politiques et sociaux, ont afflué à la suite du décès, le 20 octobre, de la Chiffonnière du Caire. Ces messages ont été rassemblés sur le site internet du quotidien catholique français «La Croix».

Ainsi, dans un message diffusé le 21 octobre, le Conseil français du culte musulman (CFCM) rend hommage à la «Dame au Grand Coeur» qu’était Soeur Emmanuelle. «Le CFCM retiendra le souvenir de cette Dame au Grand Coeur qui a dédié sa vie et consacré toute son énergie au service des plus démunis avec une extraordinaire générosité et dévotion», écrit Mohammed Moussaoui, président du CFCM.

Dalil Boubakeur, recteur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris, a affirmé: «Nous sommes profondément touchés par la disparition de cette grande pionnière de la solidarité humaine du 20e siècle qui a su, tout comme l’Abbé Pierre, laisser espérer en l’homme dans ce siècle tourmenté où elle restera pour nous une lumière du plus vif éclat», souligne-t-il dans un communiqué.

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, a salué lundi la mémoire de Soeur Emmanuelle, louant l’»immense énergie» qu’elle avait mise à «mobiliser» ses contemporains «en faveur des plus déshérités par son franc-parler et sa simplicité». «Jusqu’à son dernier souffle, elle a fait preuve, inlassablement, d’une immense énergie et d’une inébranlable foi», a-t-il affirmé.

Soeur Emmanuelle a été une «grande figure de la charité chrétienne», a déclaré le Père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège. «Son témoignage a montré comment la charité chrétienne réussit à aller au-delà des différences de nationalité, de race, de confession religieuse», a-t-il souligné. «Son engagement efficace dépassait les frontières, comme Mère Teresa de Calcutta».

La Fédération protestante de France rend hommage à celle qui «a toujours défié l’impossible». Elle salue «une femme déterminée, enthousiaste et libre, femme de foi à l’optimisme sans borne».

Hommages de tous les bords politiques

Au niveau des instances politiques, on a également été unanimes à reconnaître en Soeur Emmanuelle une très grande figure du 20e siècle.

Ainsi, le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) a rendu hommage mardi à soeur Emmanuelle, une femme «qui était sincère, qui a mené un grand combat contre la pauvreté». C’était «quelqu’un qui était sincère, qui a mené un grand combat contre la pauvreté» et «donc on ne peut que saluer sa mémoire, son combat», a-t-il déclaré sur RMC et BFM-TV. Pour sa part, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a déclaré: «Avec Soeur Emmanuelle, disparaît une grande figure du XXème siècle». «Toute sa vie durant, elle n’aura eu de cesse de se battre au côté des plus démunis».

Pour le président Nicolas Sarkozy, «elle était notre soeur à tous»: «Elle était une femme de foi aux convictions élevées, mais aussi une femme d’action, pour qui la charité passait par des actes concrets de solidarité et de fraternité à travers le monde», a-t-il déclaré, soulignant la «personnalité pétillante, souriante et débordante d’énergie de Soeur Emmanuelle, qui savait nous interpeller en nous tutoyant pour toucher notre coeur, nos certitudes et notre confort». «Elle aimait tout le monde et nous l’aimions, a-t-il ajouté. Elle nous manque déjà.»

Dans un communiqué, le Consistoire Central a affirmé: «Soeur Emmanuelle, par son engagement intense dans sa lutte contre toutes les formes de misère a su faire reculer les limites de l’indifférence pour faire émerger un monde de solidarité, de fraternité, d’amour là où il n’y avait qu’âpreté et désespoir. De sa belle fragilité émanait une force incroyable qui lui a permis de franchir toutes les barrières politiques, spirituelles et religieuses».

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a pour sa part rendu hommage à la «femme de générosité et de détermination», «incarnation de l’esprit charitable» que fut Soeur Emmanuelle. Ségolène Royal a rappelé que Soeur Emmanuelle fut «une femme libre dont la forte parole et l’action aux côtés des déshérités portent un message universel de dignité et de fraternité».

L’ancien président Jacques Chirac a rendu hommage à «une femme d’exception, emplie de générosité, d’humanisme et de sagesse». Son épouse Bernadette Chirac a souligné «qu’elle savait rassembler, au-delà du monde religieux, les croyants et les non croyants, toutes les générations, les jeunes, les vieux, elle ne laissait personne indifférent». (apic/lacroix/bb)

21 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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