Rome: Le Synode proposent entre autres d’élargir aux femmes le ministère de «lecteur»
Les 55 propositions finales des pères synodaux
Rome, 26 octobre 2008 (Apic) Au terme du Synode des évêques sur la Parole de Dieu, les pères synodaux ont entre autres proposé d’élargir aux femmes le ministère institué de «lecteur». Une version officieuse des propositions transmises au pape a été publiée le 25 octobre, après trois semaines de travaux au Vatican. Les pères synodaux y ont aussi évoqué le rapport de l’Eglise avec les juifs et les musulmans, l’amélioration des prédications ou encore la diffusion de la Bible et le défi que représentent les sectes.
Une version officielle en latin des 55 propositions finales du Synode des évêques organisé du 5 au 26 octobre au Vatican sera transmise à Benoît XVI. Mais le pape, dans une décision qualifiée de «bienveillante», a choisi de rendre publique une version «provisoire et à caractère officieux et non officiel» des propositions, en italien, à la veille de la conclusion solennelle de ce Synode. Ces 55 propositions devront permettre à Benoît XVI de rédiger, d’ici environ un an, une Exhortation apostolique post-synodale.
Le «lectorat» pour les femmes
Dans l’une de leurs propositions, les pères synodaux «reconnaissent et encouragent le service des laïcs dans la transmission de la foi». Sur ce point, expliquent-ils ensuite, «les femmes» ont «un rôle indispensable». «Il est souhaitable, écrivent-ils alors, que le ministère du lectorat soit aussi ouvert aux femmes».
Le ministère «institué» (et non pas «ordonné») de «lecteur» est inscrit dans le droit de l’Eglise. Si des femmes sont très souvent appelées à effectuer des lectures au cours des cérémonies liturgiques, elles ne sont pas, en revanche, officiellement considérées comme ayant reçue pour cela une mission explicite de l’Eglise, ou bien à titre «temporaire». Le Droit canon (can. 230) précise ainsi que «les laïcs hommes qui ont l’âge et les qualités requises établies par décret de la conférence des évêques peuvent être admis d’une manière stable par le rite liturgique prescrit aux ministères de lecteur et d’acolyte». Dans les faits, le «lectorat» est généralement attribué aujourd’hui aux hommes qui se préparent au sacerdoce ou au diaconat permanent.
Juifs, musulmans et chrétiens
«Le dialogue entre chrétiens et juifs appartient à la nature même de l’Eglise», soutiennent aussi les pères synodaux qui encouragent des «rencontres de dialogue entre juifs et chrétiens».
Avec les musulmans, affirment-ils ensuite, le dialogue permet de «mieux nous connaître et de collaborer dans la promotion de valeurs éthiques et spirituelles», comme «l’importance du respect de la vie, des droits de l’homme et de la femme», mais aussi «la réciprocité et la liberté de conscience et de religion».
Sur le plan oecuménique, le Synode encourage en outre des actions communes entre chrétiens, comme «la recherche biblique commune», «les traductions et la diffusion de la Bible» ou encore «les célébrations interconfessionnelles d’écoute de la Parole de Dieu».
Révision du Lectionnaire et homélies
Dans leurs propositions au pape, les pères synodaux recommandent «un examen du Lectionnaire romain», c’est-à-dire de l’ensemble des textes bibliques proposés pour les liturgies catholiques. Il s’agit, selon eux, de «voir si la sélection et l’organisation actuelles des lectures sont véritablement adaptées à la mission de l’Eglise dans ce moment historique». Pour les pères synodaux, il convient de valoriser le livre des Evangiles au cours des liturgies, mais aussi de former correctement les lecteurs.
Après avoir beaucoup évoqué la «médiocrité» de certaines homélies, les participants au Synode suggèrent dans leurs propositions l’élaboration d’un «directoire sur l’homélie» à l’usage des prédicateurs. Par ailleurs, là où la célébration de la messe n’est pas possible du fait du manque de prêtres, il est souhaitable que les «célébrations de la Parole», qui sont des «lieux privilégiés de la rencontre avec le Seigneur», ne soient pas «confondues avec la liturgie eucharistique».
La formation des séminaristes et des prêtres, mais aussi des catéchistes, de l’ensemble des laïcs et des petites communautés, apparaît également fortement tout au long des propositions finales de ce Synode. Au terme de ses travaux, le Synode invite à dépasser par ailleurs «le dualisme entre exégèse et théologie». Il appelle à la fois les exégètes et les théologiens à collaborer afin qu’ils ne réduisent pas les Ecritures à une dimension historique.
Diffusion de la Bible et défi des sectes
Les pères synodaux soulignent l’urgence de traduire la Bible dans de nombreuses langues locales, avec une attention majeure aux Eglises en grande difficulté. Pour diffuser la Parole de Dieu, ils recommandent aussi de «s’investir plus encore dans la communication à travers (…) la télévision, la radio, les journaux, Internet…». Selon eux, «il est nécessaire de préparer des catholiques convaincus et compétents dans le domaine de la communication».
Devant la «grande préoccupation» que représentent les sectes et leur lecture «fondamentaliste» de la Bible, le Synode demande enfin au Saint-Siège d’étudier ce phénomène. Sur le terrain, il encourage par exemple «une meilleure connaissance des caractéristiques typiques, des causes et des promoteurs des sectes». (apic/imedia/ami/pr)




