Marche arrière pour Piotr Sikora
Pologne: Un théologien s’excuse pour son article après un ultimatum de l’Eglise
Varsovie, 6 novembre 2008 (Apic) Un théologien polonais a présenté ses excuses à ses supérieurs après avoir critiqué certains aspects de l’enseignement catholique dans un article de presse.
«Les malentendus sont dus en partie à la maladresse de mes formulations», a affirmé Piotr Sikora, maître de conférence laïque à l’Académie pontificale de théologie de Cracovie. Piotr Sikora a tenu ses propos dans un communiqué publié sur le site web de l’Académie.
Les excuses du théologien font suite à une lettre ouverte du directeur de l’Académie, le père Jan Dyduch, publiée le 17 octobre par l’agence d’information catholique polonaise KAI. Cette lettre invitait instamment Piotr Sikora à «faire les réparations qui s’imposaient» dans les cinq jours, sous peine d’être réprimandé pour avoir commis des «erreurs de théologie et de méthodologie».
L’article du 12 octobre écrit par Piotr Sikora dans le quotidien à grand tirage Gazeta Wyborcza affirmait que «l’enseignement de l’Eglise n’existe pas». Il accusait les responsables de l’Eglise d’avoir une «vision cléricale, institutionnelle» en Pologne, où au moins 95 % des 38 millions d’habitants sont catholiques.
L’article affirmait que la distinction entre «une Eglise qui enseigne et les fidèles qui reçoivent l’enseignement» est contraire au Nouveau Testament, précisant que tous les catholiques devraient également chercher à comprendre la révélation «par l’interrogation et la contemplation.»
Dans le communiqué où il présente ses excuses pour son article, Piotr Sikora explique qu’il a cherché à «s’opposer au stéréotype qui associe l’Eglise uniquement au clergé» en reléguant les laïcs au rang de «récepteurs passifs de son enseignement». Il a affirmé vouloir suggérer que les catholiques romains ont également le devoir de «lire et proclamer» l’enseignement divin, tout comme l’Eglise.
«Il n’était pas dans mon intention de remettre en question ni le caractère objectif de la vérité divine manifestée dans l’Eglise, ni le travail fondamentale de l’Eglise de proclamer et d’enseigner cette vérité», a écrit Piotr Sikora. «Je voulais montrer que chaque chrétien, en tant que membre de l’Eglise, est appelé à contribuer activement à pénétrer les révélations divines, conformément aux Ecritures et à ce que nous trouvons dans les textes du Concile Vatican II», a affirmé le théologien. «Je n’avais aucune intention de remettre en question le rôle central joué par les évêques dans ce processus.»
Piotr Sikora est le second théologien en quelques semaines à avoir reçu des critiques officielles pour ses écrits. Waclaw Hryniewicz, un professeur de Lublin, a en effet refusé d’obtempérer à l’ordre émis par le Vatican de retirer un article controversé sur l’oecuménisme. Certains catholiques ont affirmé que ces mesures prises par l’Eglise risquent de décourager toute discussion ouverte. (apic/eni/pr)




