La crise économique prise à contre-pied

Genève: Campagne publicitaire de l’Église catholique de Genève : le ton change

Michel Bavarel, Genève

Genève, 11 novembre 2008 (Apic) L’Eglise catholique de Genève a enregistré une baisse de 17 % de la contribution ecclésiastique et des dons. Au lieu de pleurer misère, elle lance une campagne publicitaire axée sur les fêtes chrétiennes et d’abord sur celle de Noël.

Le nouveau secrétaire général de l’Église catholique de Genève, Dominique Pittet, n’était pas porteur de nouvelles réjouissantes lors de la conférence de presse, mardi matin à Genève: à fin septembre, les recettes provenant de la contribution ecclésiastique et des dons étaient en baisse de 17 %, soit de 774’000 francs, par rapport à 2007 (et les dépenses en légère hausse).

Un effet de la crise financière? Oui, pense-t-il, mais l’évêque auxiliaire Pierre Farine n’en est pas si sûr, puisque, dans le passé, les plus grosses chutes de revenus sont survenues lors de périodes prospères. «Je n’y comprends rien», avoue-t-il.

Quoi qu’il en soit, l’Église catholique a décidé de prendre la crise à contre-pied. Et de prendre également à contre-pied ses propres campagnes publicitaires qui, depuis 2002, étaient surtout destinées à remplir l’escarcelle, en frappant les esprits. Non sans réussite d’ailleurs. Aujourd’hui, le ton change. On entend, ces prochaines années, mettre en valeur le message positif et fondamental de l’Église, «se rapprocher des fidèles, rétablir le dialogue et réduire la distance avec la société». Pierre Farine parle de «campagnes pastorales d’évangélisation».

Se réapproprier Noël

Ces campagnes seront axées sur les fêtes religieuses et d’abord sur celle de Noël. «Il s’agit, pour l’Église, de se réapproprier ces fêtes. Montrer qu’elles véhiculent des valeurs toujours actuelles, même si elles ont été oubliées, enfouies».

Pour Pierre Farine, Noël, qui rappelle aux chrétiens la naissance de Jésus, venu nous dire que nous avons du prix aux yeux de Dieu, a aussi une signification universelle, celle du partage et de la paix. «C’est une fête de famille qui, au-delà des cadeaux et de la consommation, répond à un besoin de proximité, de chaleur, de joie, de relations gratuites et vraies. Sans cela, on ne peut pas vivre».

L’agence de communication partenaire de l’Église catholique genevoise a choisi deux images pour rendre ces valeurs plus visibles : une poupée représentant un bébé et une étoile. Avec cette question pour la poupée : «Commande au Père Noël ou présence divine ?» Et celle-ci pour l’étoile : «Accessoire de vitrine ou annonce de nativité ?»

Ainsi que ce slogan pour les deux : «Noël, c’est d’abord un état d’esprit». Il s’agit d’interpeller plutôt que culpabiliser, d’insister sur le lien qui unit les deux acceptions de la fête, plutôt que le fossé qui pourrait les séparer.

Ce message s’affichera sur les trams et les bus genevois, rappelant «le sens premier de la fête, pour permettre à chacun de prendre le temps de souffler, de se redire l’essentiel». On attend les réactions des fidèles et du public…, relèvent les responsables de cette campagne. (apic/mba/pr)

11 novembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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