Le Réseau oecuménique de l’eau fait campagne en ce sens
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Genève, 13 novembre 2008 (Apic) James Bond est de retour et, dans son dernier film, l’espion le plus célèbre du cinéma affronte un méchant qui cherche à prendre le contrôle des ressources stratégiques en eau d’un pays en développement. Dans quelle mesure est-il réaliste qu’un groupe mafieux s’empare des réseaux de distribution de l’eau d’un pays ?
«L’eau devenant plus rare et la demande en eau progressant à un rythme régulier dans de nombreux pays, la maîtrise de l’eau se traduit de plus en plus par le profit et le pouvoir», affirme Maike Gorsboth, coordinatrice du Réseau oecuménique de l’eau, une initiative d’Eglises, d’organisations chrétiennes et de mouvements faisant campagne pour l’accès des populations à l’eau.
«Quantum of Solace», la dernière aventure de l’espion britannique incarné pour la deuxième fois par Daniel Craig, est déjà projeté dans un grand nombre de cinémas dans le monde.
Dans ce film, James Bond est aux prises avec Dominic Greene (Mathieu Amalric), membre de l’organisation Quantum, qui se prétend environnementaliste mais qui a en réalité l’intention de monter un coup d’Etat dans un pays sud-américain afin de s’emparer de ses ressources hydriques.
«Nous assistons déjà aujourd’hui à des luttes pour le contrôle de la distribution de l’eau et des ressources hydriques», souligne Maike Gorsboth. «Les entreprises achètent des droits d’utilisation de l’eau et des terrains pour assurer leur accès aux ressources hydriques. Bien souvent, elles ne se préoccupent guère des droits des communautés ou des conséquences environnementales et épuisent et polluent cette précieuse ressource.»
L’idée exprimée dans le film n’est pas aussi tirée par les cheveux qu’on pourrait le souhaiter, affirme Maike Gorsboth. Cependant, bien que la corruption joue un rôle clé dans le domaine de l’eau, ce qui se passe n’est souvent pas illégal, souligne-t-elle.
Ainsi, elle explique que «les dispositions juridiques garantissant la maîtrise publique et réglementant l’appropriation et l’utilisation des ressources hydriques par le secteur privé sont dans de trop nombreux cas inexistantes ou insuffisantes.»
Selon le Réseau oecuménique de l’eau, le contrôle public et communautaire de l’eau s’est radicalement réduit ces dernières décennies. L’eau est de plus en plus considérée comme une marchandise sujette aux règles du marché. Le Réseau affirme que, dans de nombreux cas, la privatisation des ressources hydriques a privé les pauvres d’un accès à l’eau.
Dans le dernier James Bond, explique Maike Gorsboth, «le méchant parvient presque à son objectif parce qu’il travaille en secret et parce qu’il tire parti de la cupidité et de la corruption d’autres personnes.»
Cependant, alors que l’espion s’attaque au problème l’arme au poing avec un «permis de tuer», les Eglises agissent différemment, afin de sensibiliser et contribuer à éduquer les gens sur les dangers de la privatisation d’une source indispensable de vie.
«Elles s’expriment au nom des pauvres et des plus vulnérables et les aident ainsi à défendre leur droit à l’eau face à des intérêts plus puissants», dit Maike Gorsboth.
«Sans un accès adéquat à l’eau, on nuit à la dignité humaine et le développement est impossible», affirme-t-elle. «Ceux qui souffrent le plus d’un accès inexistant ou inégal à une eau salubre sont les plus pauvres. Or il ne s’agit pas seulement d’une conséquence inévitable de la rareté physique de l’eau. Des facteurs politiques, sociaux et économiques entrent en jeu, déterminant qui a de l’eau et qui n’en a pas. Il s’agit donc d’une préoccupation éthique, d’une question de justice.» Site du Réseau oecuménique de l’eau : http://eau.oikoumene.org (apic/eni/js)




