La Suisse un peu plus solidaire que par le passé, mais...
Suisse: L’OSEO salue un pas important en matière d’aide au développement
Lausanne, 2 décembre 2008 (Apic) L’oeuvre suisse d’entraide ouvrière OSEO salue la décision du Conseil national d’augmenter, mardi 2 décembre, l’aide publique suisse au développement à 0,5% du Produit national brut (PNB). Il reste cependant encore du chemin à parcourir pour que la Suisse respecte ses engagements internationaux, estime l’oeuvre d’entraide.
En accordant un crédit complémentaire aux 5,3 milliards de francs prévus pour 2009 à 2012, la Chambre basse du Parlement suisse vise à consacrer 0,5% du Produit National Brut (PNB) à l’aide au développement d’ici à 2015. Ce mardi, la Chambre du peuple s’est ralliée à celle des Etats.
Il s’agissait, pour le socialiste zurichois Mario Fehr, d’une «question de crédibilité pour la Suisse». Le centre-gauche a en outre fait valoir que cette augmentation répond aux Objectifs de Développement du Millénaire de l’ONU (ODM). A droite, radicaux-libéraux (PRL) et démocrates du centre (UDC) ont argumenté en rappelant la crise financière mondiale. Un député radical saint-gallois a chiffré la charge supplémentaire de la Confédération à 800 millions, arguant que ce n’était pas le moment de dépenser davantage, alors que la gauche et le centre ont estimé que la situation est bien pire dans les pays en voie de développement. Finalement, la majorité l’a emporté par 102 voix contre 83 et 5 abstentions.
Il n’y en a pas que pour l’UBS
L’oeuvre suisse d’entraide ouvrière OSEO salue cette décision du Conseil national, estimant qu’avec cette hausse, «la Suisse montre qu’elle ne se contente pas de voler au secours des banques, mais qu’elle est également prête à accroître ses efforts contre la faim et la pauvreté». Un tel engagement est essentiel, surtout à l’heure où la pire crise économique de l’après-guerre menace de faire exploser le chômage et la pauvreté dans le monde entier, poursuit l’OSEO.
«Aujourd’hui, la Suisse est devenue un peu plus solidaire que par le passé, mais il n’y a cependant pas encore de quoi pavoiser», souligne l’OSEO. Malgré le vote positif du Conseil national, la Suisse reste largement en dessous du 0,7% du PNB qui serait nécessaire pour réduire l’extrême pauvreté de moitié d’ici 2015 – conformément aux objectifs de l’ONU auxquels la Suisse a souscrit. Plusieurs pays européens, notamment le Danemark, les Pays-Bas et le Luxembourg, dépassent déjà cet objectif minimal de 0,7%. (apic/com/be)




