Afrique: Des responsables religieux admettent devoir faire plus pour vaincre le sida

«Nous n’avons pas agi tel que Dieu l’aurait voulu»

Nairobi, 2 décembre 2008 (Apic) Des responsables chrétiens et musulmans d’Afrique ont reconnu que leurs actions pour lutter contre le sida n’ont pas été dans tous les cas suffisantes face à l’ampleur du défi. «Nous n’avons pas toujours saisi l’occasion d’encourager nos paroisses à faire des tests de dépistage», ont déclaré les responsables chrétiens et musulmans du Kenya, d’Ouganda, de Tanzanie et du Soudan dans un communiqué publié le 1er décembre, à l’occasion de la Journée mondiale du sida.

«Nous avons porté un jugement sur les personnes infectées et affectées. Nous n’avons pas agi tel que Dieu l’aurait voulu», ont-ils admis. «Nous croyons que, si les responsables religieux s’impliquent davantage dans la campagne de lutte contre le sida, … les infections peuvent diminuer considérablement», ont déclaré les responsables religieux africains à Nairobi. Ils prenaient part à un atelier visant à encourager la participation des églises et des mosquées dans la lutte contre la pandémie qui décime les populations au sud du Sahara.

Le chanoine Gideon Byamugisha, un prêtre anglican ougandais qui s’est fait connaître en étant le premier responsable religieux africain à déclarer publiquement sa séropositivité, a affirmé que de nombreuses Eglises et de nombreux autres responsables religieux continuaient à considérer le sida comme une malédiction divine. Il a cité l’exemple du Malawi, où, a-t-il expliqué, les personnes qui sont mortes de maladies liées au sida ne sont pas inhumées, de peur que la terre ne soit à son tour victime de la malédiction.

«Nous ne sommes pas au point critique où les efforts sont plus importants que la crise», a déclaré le chanoine Byamugisha lors d’une conférence de presse organisée le 1er décembre par la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA). La CETA, dans son communiqué marquant la Journée mondiale du sida, a déclaré: «Tout en appelant à la sensibilisation, nous invitons les gouvernements, en particulier ceux du premier monde, à tenir les promesses qu’ils ont faites concernant un accès universel au traitement, à des soins, à un soutien et à des services de prévention adéquats en matière de sida d’ici 2010. Nous exhortons également les sociétés pharmaceutiques à ne pas être motivées par les profits, mais à mettre la vie de l’être humain au premier plan.» (apic/eni/be)

2 décembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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