Un des premiers Etats au monde à signer cette convention

Rome: Le Saint-Siège a ratifié la convention sur les armes à sous munitions

Rome, 3 décembre 2008 (Apic) Par un document signé de la main de Benoît XVI, le Saint-Siège a ratifié le 3 décembre à Oslo la convention sur les armes à sous munitions adoptée à Dublin en mai 2008. Dans un discours prononcé à l’occasion de la cérémonie d’ouverture à la signature, Mgr Dominique Mamberti a rappelé que l’objectif de cette convention était «d’éliminer les risques de nouvelles victimes» de ces bombes qui agissent comme des mines anti-personnelles.

Mgr Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, s’est félicité à Oslo que les signataires de la convention ne se soient pas écartés de «leur objectif principal : éliminer les risques de nouvelles victimes des armes à sous munition et créer les structures nécessaires pour la réhabilitation socio-économique (…) des victimes directes et indirectes de ces armes insidieuses».

Pour le ’ministre des Affaires étrangères’ du Saint-Siège, la convention «est une autre preuve de notre capacité à élaborer et à adopter des instruments ambitieux qui conjuguent le désarmement et le droit humanitaire d’une manière créative».

La convention prévoit «l’interdiction de la production, du dépôt, du transfert et de l’utilisation de la grande majorité des armes à sous munitions existantes et la totalité de celles qui ont été utilisées jusqu’à présent», a en outre rappelé L’Osservatore Romano le 3 décembre 2008. Un autre aspect important de cette convention est «l’assistance aux victimes, aux familles et aux communautés frappées par les effets» de ces armes, a ajouté le quotidien du Vatican. La convention a été signée par 88 Etats et ratifiée, outre le Saint-Siège, par la Norvège, l’Islande et la Sierra Leone.

En ratifiant cette convention, «le Saint-Siège souhaite encourager toute la communauté internationale à promouvoir avec conviction des négociations efficaces sur le désarmement et le contrôle des armes et de renforcer la loi humanitaire internationale en réaffirmant la valeur première et inhérente de la dignité humaine», est-il ainsi indiqué dans la déclaration jointe au document de ratification.

A l’occasion de la Conférence pour l’interdiction des armes à sous munitions organisée à Dublin du 19 au 31 mai 2008, Mgr Silvano Maria Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève, avait déjà affirmé que «la nouvelle convention sur les armes à sous munitions peut être accueillie comme un instrument international important en matière de désarmement et surtout comme un instrument nouveau en matière de droit humanitaire».

Appel du pape pour l’interdiction de ces «engins meurtriers»

La veille, Benoît XVI avait lancé un appel pour l’interdiction de ces «engins meurtriers». «Je souhaite que, grâce à la responsabilité de tous les participants, on parvienne à un instrument international fort et crédible : il est nécessaire en effet, de remédier aux erreurs du passé et d’éviter qu’elles se répètent à l’avenir», avait affirmé le pape.

Possédées par une majorité de pays, les armes à sous munitions sont des petites bombes dispersées par centaines à partir de munitions classiques comme les missiles, les bombes ou les obus. Apparaît alors un tapis d’explosions allant jusqu’à plusieurs centaines d’hectares. On estime qu’entre 5 % et 30 % de ces sous munitions n’explosent pas au sol et se comportent comme des mines antipersonnelles, elles-mêmes condamnées par la Convention internationale d’Ottawa de 1997.

Gisant par centaines de milliers en territoire devenu hors de conflit, elles peuvent en effet exploser au moindre contact. On a pu voir leur utilisation massive dans le cadre de plusieurs conflits, comme en Irak, en Afghanistan ou au Kosovo. (apic/imedia/cp/bb)

4 décembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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