Sri Lanka: Des écologistes religieux appellent à faire du Golfe de Mannar un site sacré

C’est là que se trouve le  » Pont d’Adam»

Londres, 16 décembre 2008 (Apic) L’Alliance of Religions and Conservation (ARC), une organisation de défense de la cause environnementale, soutient une demande appelant les Nations Unies, la Banque mondiale, des organisations non gouvernementales et des organisations de protection de l’environnement à reconnaître le Golfe de Mannar – situé entre l’Inde et Sri Lanka – comme un site sacré du patrimoine mondial. Ce site est l’un des derniers écosystèmes intacts dans le monde et c’est là que se trouve le Ram Sethu, connu à l’époque de la colonisation britannique sous le nom de Pont d’Adam.

La légende veut qu’à l’aube de la création, Adam – le premier être humain selon les textes sacrés des chrétiens, des juifs et des musulmans – ait marché sur ce pont, constitué d’une chaîne de bancs de sable. «C’est le seul endroit sur terre, en dehors du Jardin d’Eden, dont on peut dire qu’il s’agit d’un site sacré qui nous rappelle notre relation et notre responsabilité vis-à-vis du reste de la création. Cet endroit est on ne peut plus sacré d’un point de vue mythologique et écologique», déclare Martin Palmer. Il est secrétaire général de l’ARC, organisation laïque qui aide les principales religions du monde à élaborer leurs propres programmes environnementaux.

Martin Palmer s’exprimait lors d’une réunion de deux jours visant à soutenir la Campagne mondiale pour sauver le Golfe de Mannar, une étendue d’eau peu profonde séparant l’Inde de Sri Lanka. Les 25 et 26 novembre, une centaine d’écologistes, de chercheurs, de scientifiques et de responsables religieux du monde entier ont cherché à fournir suffisamment de preuves pluridisciplinaires pour persuader les gouvernements indien et sri lankais de demander à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) de placer ce site sur la liste du patrimoine mondial.

Un porte-parole de la conférence a déclaré que malgré l’importance écologique et culturelle du Ram Sethu comme l’une des plus grandes réserves de la biosphère d’Asie du Sud, le gouvernement indien souhaite construire un chenal, le Sethusamudram Ship Channel, qui permettrait de traverser le Golfe. Ce projet constituerait une menace pour les espèces animales et végétales en voie de disparition et pour le mode de vie des pêcheurs locaux. Il fait actuellement l’objet d’une bataille juridique à la Cour suprême de l’Inde.

Situé à l’extrémité sud-est du sous-continent, le Golfe de Mannar compte plus de 3’600 espèces de plantes et d’animaux, faisant de lui l’une des plus riches régions côtières d’Asie. Des millions d’hindous croient que le pont s’est formé pour permettre au roi Rama d’atteindre l’île de Sri Lanka, afin d’aller secourir sa femme qui était prisonnière d’un roi démon. Dans une interview accordée à l’agence de presse oecuménique ENI, Anil Bhanot, qui est à la tête du Conseil hindou de Grande-Bretagne, relève que «l’appel visant à faire du Golfe de Mannar un site sacré nous réjouit énormément. Il s’agit, bien sûr, d’un site sacré autant pour les musulmans que pour les hindous et cet appel nous réjouit tous car il est un facteur d’unité entre nous.» Cf: www.arcworld.org (apic/eni/be)

16 décembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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