Gaza ’ressemble de plus en plus à un grand camp de concentration’

Rome: Le cardinal Renato Raffaele Martino défend ses propos sur la situation à Gaza

Rome, 8 janvier 2009 (Apic) Alors que les officiels israéliens ont fustigé les propos du cardinal Renato Raffaele Martino à propos de la dramatique situation à Gaza, le président du Conseil pontifical «Justice et Paix» à Rome a rétorqué jeudi 8 janvier que ses propos de la veille n’avaient «rien d’anti-israélien». Le prélat romain constatait que la Bande de Gaza «ressemblait de plus en plus à un camp de concentration», ce qui a fâché les milieux juifs.

Ces paroles de celui qui fut de 1986 à 2002 l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies à New York sont les plus fortes d’une personnalité vaticane depuis qu’Israël a commencé ses bombardements sur Gaza le 27 décembre. Ces attaques ont fait déjà plus de 760 morts, dont la moitié de civils, en grande partie des enfants de moins de 16 ans. Le prélat a accusé les deux parties en conflit de ne penser qu’à leurs propres intérêts tandis que ce sont des innocents qui en paient le prix. Suite à la publication de son interview par le quotidien italien en ligne www.ilsussidiaro.net, le cardinal a été accusé par les responsables israéliens de parler «exactement comme le Hamas».

Mgr Martino, né le 23 novembre 1932 à Salerne en Italie, a déclaré jeudi au quotidien italien «La Repubblica» que ces accusations ne le touchaient pas. «Dans mes paroles, il n’y a rien qui puisse être interprété comme anti-israélien», a-t-il souligné. Et de constater qu’en regardant les conditions de vie des personnes qui vivent à Gaza, «entourées par un mur qu’il est difficile de franchir, dans des conditions contraires à la dignité humaine», «ce qui se passe ces jours-ci fait horreur».

«Israël a certainement le droit de se défendre et Hamas doit en tenir compte. Mais que dire quand on tue autant d’enfants, quand on bombarde des écoles de l’ONU, alors qu’on est en possession de moyens technologiques qui permettent de repérer une fourmi sur le terrain?», a poursuivi le cardinal Martino, qui condamne également les tirs du Hamas contre Israël. Pour lui, le Hamas ne représente pas tous les Palestiniens, et si ce mouvement veut un Etat palestinien, «ils doivent comprendre que la voie sur laquelle ils se sont engagés est erronée». Le prélat a estimé que si Israël a le droit de vivre en paix, les Palestiniens ont le droit eux aussi d’avoir leur propre Etat. (apic/repubbl/bbc/be)

8 janvier 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!