Afrique australe: Les évêques accusent les dirigeants de se rendre complice d’un «génocide»
Au Zimbabwe, la «clique de Mugabe» dans le collimateur
Pretoria, 29 janvier 2009 (Apic) Les évêques catholiques d’Afrique australe ont averti les dirigeants de leur région qu’ils risquaient de se rendre coupables d’un «génocide passif» en acceptant d’être complices de la situation désastreuse que connaît le Zimbabwe.
Le pays d’Afrique australe, autrefois prospère, est ruiné économiquement. Il subit de plus une épidémie de choléra qui sévit depuis août dernier et qui a déjà fait plus de 3’000 morts et contaminé près de 60’000 personnes. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’épidémie reste «hors de contrôle».
Dans un communiqué rendu public le 27 janvier, la Conférence épiscopale d’Afrique australe a déclaré que le président zimbabwéen Robert Mugabe, qui s’accroche au pouvoir, doit céder sa place de président. Ils ont pointé du doigt les dirigeants de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), composée de 15 Etats, pour n’avoir pas réussi à permettre la négociation d’un accord au Zimbabwe.
«L’effroyable tragédie que vit le Zimbabwe indique que la période de discussion est close. Six mois de négociations n’ont conduit qu’à une impasse. Il est évident que la médiation et les négociations actuelles n’ont une fois de plus pas été à la hauteur des espérances du peuple zimbabwéen», peut-on lire dans le communiqué. Le communiqué ajoute que, dix mois après les élections de mars 2008, «majoritairement considérées comme l’expression de la volonté du peuple au Zimbabwe, le président Robert Mugabe et sa clique s’accrochent au pouvoir de manière illégitime».
«Cessez de soutenir le régime illégitime de Robert Mugabe»
Les évêques ont déclaré que la SADC devait cesser «de soutenir le régime illégitime de Robert Mugabe et de lui accorder une quelconque crédibilité, avec effet immédiat.» «A défaut, les dirigeants de la SADC se rendent complices d’avoir favorisé les conditions qui ont entraîné la famine, les déplacements, les maladies et la mort pour les Zimbabwéens. C’est un génocide passif». L’évêque Paul Verryn, de l’Eglise méthodiste centrale de Johannesburg, qui accueille des centaines de réfugiés zimbabwéens, a déclaré: «Nous sommes les témoins d’un lent génocide au Zimbabwe.»
Les évêques catholiques, qui s’étaient élevés contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud au siècle passé, ont déclaré: «Nous … appelons Robert Mugabe à démissionner immédiatement. Nous demandons la création d’un gouvernement intérimaire de coalition chargé du redressement national et exigeons la préparation d’élections présidentielles crédibles sous la supervision de la communauté internationale dès que possible».
Le 28 janvier, des journaux et des agences de presse d’Afrique du Sud ont indiqué que le leader de l’opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai était prêt à accepter d’entrer dans un gouvernement d’union nationale avec Robert Mugabe si leurs différends pouvaient être résolus. Selon certains observateurs, Robert Mugabe souhaiterait détenir tous les ministères clés, bien que son parti, le Zanu-PF, soit minoritaire au Parlement. (apic/eni/be)




