Des propos fermes fondés sur l’Evangile
France: L’évêque de Gap et d’Embrun dénonce l’idéologie des intégristes
Gap, 2 février 2009 (Apic) Dans une lettre du 30 janvier 2009, Mgr Jean-Michel di Falco Leandri, évêque de Gap et d’Embrun, déplore l’attitude des intégristes et leur exploitation idéologique de la doctrine chrétienne.
Intitulée «Amour crucifié», la lettre de l’évêque de Gap et d’Embrun en France constate que «l’annonce de la fin d’un schisme devrait nous réjouir mais l’écho de nouveaux coups de marteaux sur les clous qui transpercent les mains du juif Jésus ont à nouveau retenti et sont venus briser notre espérance».
Face aux propos négationnistes de Mgr Williamson, de la Fraternité Saint Pie X, Mgr Di Falco Leandri se demande «ce qu’aurait éprouvé le cardinal Jean-Marie Lustiger», lui dont la mère était juive et qui est «morte à Auschwitz après avoir été dénoncée par un Français sans doute de la même famille de pensée que Mgr Williamson».
L’évêque français rappelle qu’ayant été interrogé par un journaliste lors de la visite du pape à Lourdes, il avait clairement exprimé que le Motu proprio sur la messe en latin ne dérangeait personne.
Ce qui fait problèmes pour les évêques français, c’est l’usage idéologique que l’on en fait dans certains cas. Il a également affirmé au journaliste que «la messe ne pouvait être instrumentalisée comme l’étendard d’une idéologie, souvent d’extrême droite, et dont le discours raciste, antisémite et xénophobe est en contradiction avec l’Evangile. La messe n’a pas sa place dans un meeting politique comme ce fut le cas dans le passé.»
Le venin au lieu de l’amour
Mgr Di Falco Leandri fait également état des lettres d’insultes qu’il a reçues, venant de personnes proches des milieux de la droite réactionnaire, mais il les prend pour ce qu’elles sont.
Il rappelle aussi que tous les adeptes de la messe en latin ne sont pas des intégristes, mais il fustige l’attitude des gens qui, sous couvert d’Eglise, distillent du venin plus que de l’amour: «Mgr Williamson est un évêque membre de la fraternité Saint Pie X. «Fraternité», vous avez bien entendu : «fraternité». En niant le calvaire et la souffrance de ses frères juifs, Mgr Williamson a sans doute voulu leur donner une preuve de sa pseudo-fraternité! Le paravent de la « Fraternité » cache parfois des noeuds de vipères. «Ils ont un venin pareil au venin d’un serpent, d’un aspic qui ferme son oreille» (Psaume 58)»
Reconnaissant dans le geste du pape un acte de «grande bonté», il concède que «l’Eglise n’est pas une assemblée de parfaits mais une assemblée de pécheurs appelés à la sainteté. Si je pousse ici ce cri de honte et de colère, c’est en pensant à celles et ceux que la souffrance de se sentir exclus consume. Celles et ceux qui n’ont pas été excommuniés mais qui vivent leur marginalisation de fait comme s’ils l’avaient été. Celles et ceux qui, les bras tendus vers l’Eglise leur mère, attendent les mots d’Amour qui leur diront qu’ils en sont toujours les filles et fils bien-aimés. » (apic/com/js)




