Les agences humanitaires chrétiennes se mobilisent
Kenya: Dix millions de personnes en situation de famine
Nairobi, 9 février 2009 (Apic) Les agences humanitaires chrétiennes volent au secours du Kenya où dix millions de personnes sont menacées par la famine. Caritas international et le Service mondial des Eglises (CWS) ont lancé des appels de fonds d’urgence.
Selon le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), sur la base de «rapports» officiels, des enfants ont déjà commencé à mourir de maladies liées à la faim. Caritas a demandé un million de dollars. Le CWS n’a pas précisé, lui, le montant de ses besoins.
Le gouvernement du Kenya avait récemment qualifié de « catastrophe nationale » cette menace de famine due à une combinaison de la sécheresse, de mauvaises récoltes, du prix élevé des produits alimentaires et de la violence post-électorale de la fin de l’année dernière.
La crise n’affecte pas seulement les groupes vulnérables comme les femmes, les enfants et les fermiers. Elle touche aussi des ménages aux revenus moyens.
Stephen Kituku, coordonnateur national d’urgence de Caritas Kenya, qui a visité des zones rurales pour s’enquérir de la situation, a rapporté avoir vu des enfants avec «des ventres distendus et des personnes physiquement plus faibles». Beaucoup de familles ne peuvent guère compter sur plus d’un seul repas par jour. Le long des routes est jonché de cadavres d’animaux morts de faim, a-t-il ajouté.
L’appel de fonds de Caritas vise à venir en aide d’urgence à 37’000 personnes vivant dans 14 diocèses du pays: Mombasa, Malindi, Garissa, Kitui, Machakos, Meru, Embu, Nakuru, Kitale, Muranga, Isiolo, Lodwar, de Nairobi et de Maralal. Cette aide devrait en outre permettre de fournir des semences qui résistent à la sécheresse à 4’400 familles d’agriculteurs.
De l’immédiateté au long terme
Pour aider les populations à plus long terme, Caritas prévoit de mettre en place un programme vivres-contre-travail. «A l’heure actuelle, il est important de répondre aux besoins alimentaires immédiats des populations», a déclaré Kituku à CISA. Cependant, a-t-il ajouté, «Caritas a aussi besoin de se concentrer sur d’autres questions comme celle de l’eau, et d’envisager des projets de développement afin d’accroître la compétitivité à long terme et la sécurité alimentaire de nombreuses personnes qui dépendent de l’agriculture pluviale au Kenya».
De son côté, l’organisation chrétienne américaine d’aide humanitaire, Service mondial des Eglises (CWS), a averti que sans une intervention et une assistance «massives la famine au Kenya deviendra une réalité mortelle».
CWS a annoncé le lancement d’une campagne de collecte de fonds aux Etats-Unis pour une aide alimentaire immédiate, le renforcement des programmes d’alimentation chez les enfants, les personnes vivant avec le sida, les éleveurs. Le programme prend aussi en compte l’assistance de nourriture dans les écoles où la scolarisation a diminué en raison de la sécheresse.
Le bureau Afrique de l’Est de CWA, basé à Nairobi, entend à venir en aide à 20’237 personnes vivant dans les districts arides de Mwingi Makueni et dans la Province orientale. Une équipe d’évaluation de CWS, parle de «désespoir», après avoir visité les districts de la province orientale de Mwingi, Kitui, Mackakos et Makueni pour déterminer les conséquences des pénuries alimentaires massives et la poursuite de la sécheresse. L’agence travaille avec quatre églises locales de base et des partenaires. (apic/ibc/pr)




