Le pape dénonce
Rome: L’idolâtrie et l’avarice, à l’origine de la crise économique
Rome, 1er mars 2009 (Apic) «L’Eglise a le devoir de dénoncer les erreurs de l’économie», qui ont pour origine «l’avarice et l’idolâtrie», a affirmé Benoît XVI au cours de sa rencontre avec les curés de paroisses et les prêtres du diocèse de Rome, le 26 février 2009 au Vatican.
Lors de cette rencontre à huis clos dans la Salle des bénédictions, dont la totalité des interventions a été rendue publique le 28 février par le Bureau de presse du Saint-Siège, le pape a répondu aux questions de 8 des prêtres du clergé de Rome.
Répondant à un prêtre venant d’une banlieue défavorisée de Rome, qui mettait en cause un système économique injuste, Benoît XVI a d’abord indiqué qu’il préparait «depuis longtemps une encyclique» sur le thème de l’économie. «Dans ce long chemin, je m’aperçois à quel point il est difficile de parler avec compétence» de la réalité économique, ce qui nécessite aussi «une grande conscience éthique», a ajouté le pape devant quelque 500 prêtres, diacres et séminaristes.
Benoît XVI a alors appelé l’Eglise à «dénoncer les erreurs fondamentales qui se sont manifestées par l’effondrement des grandes banques américaines», au premier rang desquelles «l’avarice de l’homme comme péché ou, comme le dit la Lettre aux Colossiens, l’avarice comme idolâtrie». Le pape a préconisé une dénonciation «raisonnable et raisonnée des erreurs, non pas par des grands moralismes, mais par des raisons concrètes qui soient compréhensibles dans le monde de l’économie actuelle»
«L’Eglise a toujours le devoir d’être vigilante (…) et de se faire entendre, aux différents niveaux nationaux et internationaux, pour aider et corriger», a poursuivi le pape, conscient que «ce n’est pas un travail facile, car de nombreux intérêts personnels et de groupes nationaux s’opposent à une correction radicale». «C’est peut-être du pessimisme, mais cela me semble être du réalisme : tant qu’existe le péché originel, nous n’arriverons jamais à une correction radicale et totale», a affirmé le pape dans son discours improvisé.
En fin de réponse, Benoît XVI a affirmé que si «de bons modèles économiques sont nécessaires» pour «créer la justice dans le monde», cette dernière ne peut se réaliser qu’avec des «hommes justes», qui effectuent «un travail humble, quotidien, de conversion des coeurs», un travail «fondamental pour atteindre les grands objectifs de l’humanité».
Au cours de cette rencontre avec le clergé de son diocèse, le pape a abordé pêle-mêle les thèmes de la mission évangélisatrice du prêtre, de l’annonce de la foi, des indulgences, de la pastorale des jeunes ou encore du primat de l’évêque de Rome.
Concernant ce dernier point, Benoît XVI a noté «à quel point les autres Eglises ont besoin d’un point unificateur pour ne pas tomber dans le nationalisme, dans l’identification avec une culture précise», pour que les fidèles soient «presque contraints à s’ouvrir les uns aux autres».
Pour le pape, «le ministère fondamental du successeur de Pierre est de garantir cette catholicité qui implique la multiplicité, la diversité, la richesse de cultures (…) et qui en même temps, exclut l’absolutisation». (apic/imedia/cp/js)




